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Survivante d'agression sexuelle et victime de la société

15/07/2017

 

 

Il y a quelque temps déjà, j’ai eu la chance d’assister à une journée de conférence, où Stéphanie Raymond est venue discuter. Stéphanie Raymond. Ce nom vous dit quelque chose? Rien d’étonnant! Pour moi, Stéphanie Raymond est l’image même de la persévérance et du courage. Cette femme démontre à quel point, peu importe les bâtons que la vie vous met dans les roues, qu'il faut toujours continuer et foncer!

 

Après presque 11 ans de carrière dans le militaire, Stéphanie était caporale. Le 15 décembre 2011, elle a été agressée sexuellement par un homme qui était son supérieur. Après le temps des fêtes, soit en janvier 2012, elle a porté plainte à la police militaire puisqu’en étant dans le militaire, impossible de s'adresser à la police civile (non militaire). Évidemment, cette accusation a été très mal reçue, puisque même si Stéphanie a été victime, elle était considérée comme une traître d’avoir dénoncé et ‘’affecté’’ l’image des Forces armées canadiennes. Après quelques temps et plusieurs mécontentements de la part des autres membres de l’Armée canadienne, Stéphanie a été congédiée et il lui est impossible d’avoir un autre poste quelconque de près ou de loin dans Forces armées canadiennes. Elle a été congédiée comme si le viol était sa faute. Puisqu’elle a été violée et qu’elle a été dénoncée, c’est sa faute. Non celle de son agresseur. C’est absurde d’avoir été victime d’un viol, pour par la suite être blâmé de la dénonciation. 

 

Après avoir été forcé de quitter l’armée, et après plusieurs étapes judiciaires, que je ne vais pas approfondir parce que je suis très méconnaissante dans ce domaine, un procès martial (de l’armée) débute, où Stéphanie témoigne à visage découvert. Comme vous vous en doutez, les médias ont saisi l’occasion d’attaquer la victime et non l’agresseur. J’ai oublié de spécifier, parce que pour moi ceci ne fait aucune différence, mais Stéphanie a déjà fait du mannequinat. Elle a aussi remporté des concours et posé pour un calendrier. Et bien une grande partie de la société a pris ceci pour l’attaquer. Ben oui! D’après la majorité de la société, il parait que si on est modèle, mannequin ou fière de son corps, on demande de se faire violer. Il parait que ce sont les femmes qui ‘’provoquent’’ les hommes, qui ne sont pas capables de retenir leurs ‘’pulsions’’. Quelle absurdité!

 

Cependant, Stéphanie est très réaliste à ce sujet et croit que le fait qu’elle a été mannequin a gâché son image face à la société. Quelle tristesse! Une femme dit qu’elle est violée et plusieurs ont immédiatement tendance à savoir ce que la victime a fait de mal. Qu’est-ce qu’elle a fait pour ‘’demander’’ ou ‘’provoquer’’ ce viol? Dans quel monde sommes-nous? En plus d’être victime de viol, Stéphanie a été une nouvelle fois victimisée par les regards de la société et une troisième fois lors de son procès. À la cour martiale, lors de son procès, les personnes qui ont été choisies comme membres du jury étaient des hommes militaires, de la même tranche d’âge que l’agresseur. Raconter son viol devant ces hommes qui attendent simplement de te juger et qui sont surtout contre cette dénonciation, parce que ceci nuit à l’image des Forces armées canadiennes.

 

De plus, Stéphanie a expliqué qu’à la cour martiale, il est acceptable de faire appel aux atouts physiques de la femme. C’est-à-dire que des commentaires du style : « Avez-vous vu votre poitrine et votre corps comment il est attirant? » sont acceptés. Imaginez! Témoigner devant votre agresseur et des hommes qui vous jugent, tout en essayant de vous défendre contre des attaques, jugeant votre corps et soulignant que vous êtes l’investigateur de votre propre viol! Malgré tout ceci, Stéphanie réussit à garder la tête haute tout son procès.

 

Malheureusement, malgré le fait que l’agresseur a avoué à deux reprises le viol, il a été déclaré non coupable. Au moment que j’écris ses lignes, l’appel a été daté pour le 22 septembre 2017, 3 ans jour pour jour après la demande. La justice l’a fait attendre plus de 3 ans pour l’appel. Depuis la fin du procès, Stéphanie a gardé la tête haute et a continué à se battre. Même si le procès était terminé, la société est loin de terminer de la juger. Régulièrement sur les médias sociaux, Stéphanie se fait attaquer personnellement. Cette dernière a décidé d’utiliser ceci pour faire un projet, sois la démonstration du cyber harcèlement quotidien que doivent encaisser les survivantes suite au dévoilement du crime sexuel subit. Elle a donc fait un album sur son compte personnel, avec des captures d’écrans de commentaire désobligeant, pour démontrer l’ampleur de cette intimidation. Voici quelques exemples qu’elle a partagés. 

 

 

Après sa conférence, après l’explication de sa vie pendant qu’elle était dans l’armée, après l’agression, pendant le procès et depuis la fin du procès, je n’ai jamais perçu Stéphanie comme une victime, mais bien comme une survivante. Cette femme est pleine de courage, et continue à persévérer, peu importe les jugements des autres. Cette femme a eu le courage de faire face à son agresseur, d’avoir une voix pour celle qui vit dans l’ombre. Il est évident que Stéphanie a été un modèle et une inspiration pour plusieurs. Personnellement, elle m’a beaucoup marqué et me pousse à continuer dans ce domaine pour aider d’autres personnes comme elle, qui ont été victimes. J’attends et je vais suivre impatiemment l’appel de son agresseur tout en souhaitant du plus profond de mon cœur que justice soit faite pour Stéphanie.

 

Cliquez l'image pour avoir le lien de l’entrevue qu’elle a fait à Tout le monde en parle, il y a quelques années, si ceci vous intéresse.

 

 

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