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Suis-je maintenant une écrivaine?

28/09/2017

 

À chaque année depuis maintenant 5 ans, la maison d’édition franco-ontarienne des Éditions David met sur pied un concours d’écriture, Pour se raconter, qui s’adresse au public francophone adulte. Des francophones ontariens de partout en province s’acharnent à l’écriture respectant le thème annuel du concours, dont le prix est de voir son texte et son nom publiés entre les pages du recueil.

 

Voici les thèmes des concours précédents :

 

  • Pour se raconter I : Souvenirs d’enfance

  • Pour se raconter II : Parcours identitaires

  • Pour se raconter III : Amours inoubliables

  • Pour se raconter IV : La première fois

 

J’ai été informé de ce concours en cours de littérature française, en quatrième année d’université. À ce moment-là avait lieu l’appel aux écrits du 3e concours Pour se raconter, dont le thème était d’un amour inoubliable. À court d’inspiration et de confiance en moi, j’ai mis de côté ma volonté à soumettre un texte.

 

Un an plus tard, la thématique du concours d’écriture changea à La première fois que..., et de ce fait, ainsi que mon attitude. Un crayon en main, je fais un remue-méninge d’idées qui me viennent, sur une vieille liste d’épicerie froissée. Le concours Pour se raconter a la mission d’encourager le public adulte francophone à s’exprimer à travers l’écriture, en puissant dans l’imagination et la linguistique. Il n'y a pas d'âge à initier de nouveaux auteurs en herbe!

 

Qu’est-ce qui m’a poussé à participer à la 4e édition du concours Pour se raconter?

 

Plutôt que de voir le potentiel rejet de mon texte comme une défaite et une humiliation, j’ai saisi cette chance à titre de défi intellectuel. Mon travail à temps plein consiste principalement de rédaction : discours, rapports, synthèses, comptes rendus, commentaires, notes documentaires, etc. Mon travail de recherchiste me plaît énormément. Cependant, la créativité est limitée. Écrire pour le plaisir d’écrire, ça me manquait, alors pourquoi ne pas y participer.

 

J'ai débuté à écrire les premiers mots de mon texte, et j'ai continué sans m’arrêter. Deux heures plus tard, j’ai un brouillon complet. Je n’hésite pas un instant à demander à quelques amis de me relire. Ils m’offrent des commentaires et des critiques. Avec leurs conseils, je m’applique à perfectionner mon récit. C’est ainsi que j’ai fait le grand pas : je me suis inscrite à la 4e édition du concours, et j’ai soumis mon texte en ligne.

 

Les mots d’encouragements de mon entourage ont porté fruit : j’ai été sélectionné. En juin 2017, me voilà publié dans un recueil de texte des Éditions David. J’en déborde de joie. C’est un réel accomplissement dont je suis fière.

 

À part trouver le courage de m'inscrire, qu’a été mon plus grand défi?

 

Baptiser mon récit d’un titre… après presque une semaine d’hésitation, j’ai nommé mon histoire L’Égarée. Celle qui est perdue.

 

(Au lancement du livre La première fois, tome IV du concours Pour se raconter, le 16 juin 2017)

 

Voici un aperçu des premiers paragraphes de mon récit de 1500 mots, L'Égarée.

 

« Étienne, espèce de bon à rien! Mais quel genre de notaire es-tu? N'as-tu pas honte de voler des pauvres gens? Et mes parents, de leur mort, de mon héritage, tu n’en as absolument rien à foutre! Rien à foutre d'eux! Attends que je divulgue tes manigances à ton cabinet, et nous verrons bien si tu t'en balances encore! » « Bip, vous n'avez plus de nouveau message. » La voix du répondeur résonne d'un mur à l'autre du boudoir. Je cherche le canapé d'un coup de main vers l'arrière, avant de me laisser tomber, désorientée. C'est la première fois que j'entends quelqu'un parler en mal de mon mari.

 

« Voyons, Maggie, ressaisis-toi. Ton époux, c'est un type bien. » Oui, bien sûr, mais qu'est-ce que j'en sais? « Oui, un type bien. » Un mari qui ne boit pas, qui n'a jamais frappé nos enfants. Un mari qui a su me trouver belle même lorsque j'en étais incapable. « Quel homme! Tu es chanceuse d'avoir un conjoint comme le tien, le mien me touche à peine. » J'ai un homme qui vieillit bien, à en rendre mes copines envieuses. Un homme qui n'a jamais omis de m'embrasser sur le front avant de sombrer dans le sommeil. Un père patient, toujours heureux de border les enfants et maintenant, nos petits-enfants. « Oui, un type bien. »

 

Courageuse, presque déterminée à en connaître davantage sur ce mystère, j'écoute le message vocal une seconde fois avant de le supprimer. Je supprime l'évidence. « Suis-je ainsi complice? » Je secoue la tête, tentant de me convaincre que je ne manigance rien derrière le dos de mon mari. C'est plutôt lui qui ose me cacher quelque chose. « Un vrai cachottier. » Je quitte le boudoir, laissant ma canne glisser et s'abattre sur le sol marbré.

 

 

Les Édictions David ont changé l’angle et la thématique de leur concours d’écriture en vue de la 5e édition : Racontez-nous Vanier. Les participants sont désormais invités à écrire un récit qui se déroule dans le quartier de Vanier, à Ottawa, et autrefois appelés Eastview. J’ai écrit un texte, que j’ai soumis en juillet. Le comité de sélection du concours Pour se raconter m’a annoncé la semaine dernière que mon texte a été sélectionné, une fois de plus!

 

Le lancement du livre Racontez-nous Vanier aura lieu le 3 novembre 2017. Mon récit de 1500 mots intitulé La balançoire se trouvera parmi les pages du recueil.

 

Suis-je maintenant une écrivaine?

 

À vous, chers lecteurs et chères lectrices, je vous invite à siroter un thé chaud, les pieds en l’air, et à ouvrir le roman. 

 

Pour se procurer un recueil collectif du concours Pour se raconter, cliquez ici.

 

Bonne lecture!

 

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