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Voyage au bout du Canada: Le Yukon

19/02/2018

C’est la fin de l’été et je m’ennuie. Je m’ennuie de ma tendre et douce Andréa, ma grande fille, et de son petit être tout mignon blond comme les blés, Léo. Je décide de partir les rejoindre, malgré ma crainte de voyager seule, de me perdre, de manquer le prochain avion enfin il me faut braver mes peurs.

 

Le départ se fait à partir de Montréal, je suis prête et suis excitée à l’idée d’aller passer du temps avec eux que j’aime tant. Au préalable j’ai déjà fait le trajet avec l’aide d’un ami qui lui est habitué de voyage. Je réserve donc mes billets pour trois avions, et deux escales donc deux hôtels. Première escale se fait à Vancouver. Il est tard, et j’arrive à l’Hôtel. En arrivant on me dit que ma chambre n’est plus disponible, car il y a un bris ce qui a occasionné un dégât d’eau. Je trouve ça louche! Ca y est ça commence, je suis anxieuse je ne sais pas où je vais coucher ce soir. On m’invite à prendre un petit autobus qui m’apportera dans un autre hôtel. Je m’y installe, stressé, mais finalement je me calme et m’endors, fatigué des quelques heures de vol, mais surtout de mon anxiété qui me garde en haleine.

 

Le lendemain matin, je m’apprête à prendre l’ascenseur pour me rendre au restaurant de l’hôtel. À ma grande surprise, je suis la minorité visible, car sans le savoir, mon hôtel était dans le ‘’china town’’ de Vancouver. Je me sens petite, je me sens regardé et vraiment j’ai hâte de partir. Pas que je sois raciste, mais je vis un inconfort, encore jamais vécu auparavant et disons que j’ai hâte de partir pour enfin arrivé à destination. Je sors pour prendre de l’air et j’aperçois une femme qui en me voyant se précipite à ma rencontre, car elle aussi se sent comme moi. On se sent moins petite a deux. Puis ce que je trouvais louche au départ c’est avéré être véridique, car la facture était beaucoup plus salé que le prix initial. Mais comme j’ai hâte de quitter, je m’en fiche un peu.

 

C’est le départ pour l’aéroport. Je suis en route vers Whitehorse et je m’imagine arriver et voir, comme à certains endroits au Canada où l’on retrouve une immense statue d’un orignal ou d’un ours, l’effigie d’un cheval blanc. Et bien pas du tout ! Rien à voir avec le nom de la ville. Je n’ai pas vraiment le temps de visiter, encore une fois j’ai seulement hâte de me diriger vers le B&B. Cette fois, je crois que je vais vraiment apprécier mon séjour. Petit truc de voyage entre deux avions et deux hôtels qui refont surface suite à un souvenir d’un autre voyage. Les gars de taxi savent tout. Ils sont selon mon humble expérience la référence parfaite pour savoir où loger, ou sont les prochains spectacles, enfin tout ce qui est important de savoir sur la vie diurne et nocturne d’une ville.  Je dis ça, car dans un voyage précédent je devais me débrouiller pour trouver ma gang dans une grande ville et c’est le fameux gars de taxi qui m’avait aidé à les trouver.

Bon trêve de truc, me voilà devant le B&B. Maison mi grande, mi-petite. J’y suis accueilli par une dame, fin cinquantaine, jolie et chaleureuse. Elle me fait faire le tour du propriétaire puis me dirige vers ma chambre. Je préfère de loin cet environnement pour dormir.  De plus à ma grande surprise je suis seule dans la maison, il semble que ce ne soit pas la saison la plus prolifique et achalandé. Toutefois je n’en suis pas déçu. Il y a également un magnifique jardin, avec des sentiers et des bancs pour s’y asseoir et relaxer. C’est vraiment très beau et sécurisant à la fois. 

 

Ma fille m’avait suggéré d’aller manger chez Antoinette. Elle me faisait part qu’elle connaissait bien ce resto et sa propriétaire et que j’y serais bien reçu. Ma fille connaît bien mes goûts. Je m’assois au bar, commande un verre de vin, puis je demande au serveur si la propriétaire y est. Il m’indique que c’est elle qui fait la cuisine, qui en l’occurrence est de la bouffe haïtienne. Mme Antoinette est de nationalité haïtienne, et elle cuisine tout ce qu’il y a de meilleur. Je demande donc au serveur de lui dire que j’aimerais lui parler. Il se dirige vers la cuisine pour lui apporter mon message vocal. Celle-ci se pointe le bout du nez pour voir qui la requiert. En m’apercevant et sans que j’aille eue le temps de dire un mot elle s’approche de moi et me dit : Êtes-vous la mère d’Andréa? Il faut dire que ma fille et moi avons une étrange ressemblance, c’est à croire que je l’ai conçu seul. Nous échangeons un baiser sur les joues, quelques paroles et s’empresse de retourner à la cuisine, car le resto est bondé. Le repas fut excellent! Retour au B&B pour un repos bien mérité et qu’il me faille prendre l’avion à 7 h du matin le lendemain.

 

Vous savez, c’est vrai que lorsqu’on se dirige vers le nord, les avions rapetissent, et l’aéroport aussi. Cette fois, pas de cérémonie d’embarcation ! Je sors dehors, marche jusqu’à l’avion et monte à l’aide d’un escalier de fer, le même que celui que l’on aperçoit lorsqu’un président débarque, mais en plus petit. Je suis surexcitée ! C’est le dernier vol vers ma destination finale, Dawson City. Je me délecte du paysage, car nous volons à plus basse altitude, ce qui permet de voir les montagnes et les rivières.

 

Devant mon excitation et le fait que presque tout le monde dans l’avion savait que j’allais à la rencontre de ma fille et de mon petit-fils, lorsque nous atterrissons, on m’a gentiment laissé débarquer la première. Mon cœur était prêt à exploser tellement j’étais heureuse de voir ses deux beaux visages qui m’attendait et me regardais comme si j’étais présidente, reine et tout le reste. Je me sentais effectivement très grande et importante. Mission accomplie je suis rendu.

 

 

L’aventure commence, et croyez-moi j’ai été dépaysé par toute cette splendeur de la nature, par ses habitants et par la culture que l’on ne retrouve nulle par ailleurs. C’est donc vrai la ruée vers l’or, la folie des grandeurs. On dirait un village du ‘’Far West’’. Je dis village, car il n’y a que 6000 habitants. Donc oui un gros village, avec des villageois si attentionné et respectueux. Il y a double culture, car non loin de là, sur une petite ile, il y avait jadis une communauté autochtone qui y habitait. Ceux-ci ont dû traverser à Dawson, car l’école a été fermée faute d’argent. D’ailleurs l’homme qui est venu avec ma fille à l’aéroport est un vieil homme autochtone, d’une grande gentillesse qui s’avèrera être un très bon guide touristique également.

 

J’ai remarqué que la cohabitation entre blanc et autochtone se fait harmonieusement. Je dis cela pour avoir vécu dans une ville où la cohabitation ne l’était pas. Je m’installe chez ma fille. Léo ne sait pas trop quoi dire ou quoi faire. Il sait que je suis sa grand-mère, mais la dernière fois qu’il m’a vu, il avait trois mois et il a maintenant 3 ans. Il tient ses distances et je comprends que c’est moi de l’apprivoiser. Il est parfait. Les cheveux blonds bouclés, il s’amuse, mais surtout je ressens chez lui une espèce de liberté d’être que je comprendrai plus tard que lors de mon séjour.

 

Ma fille et moi partageons la même chambre, mais j’en suis bien heureuse. La proximité ne me dérange pas, surtout avec mes filles, car j’en ai deux autres comme elle, que j’adore et que j’admire. Tout de suite j’aime ce village qui est bâti le long de la Yukon river que j’aurais le loisir de naviguer grâce à notre fameux guide touristique.

Je suis tombée amoureuse de cette nature, de ces montagnes rocheuses, de la boue qui recouvre les rues les jours de pluie, des trottoirs en bois, de ces hôtels et saloons. Il ne manque que les chevaux attachés dehors.

 

Dans les hôtels, les gens qui y travaillent sont habillés avec le vêtement d’époque, car Dawson est une destination touristique très en demande pendant la période estivale. Des gens de partout dans le monde viennent voir à quoi ressemble cet endroit où il y a des décennies alors que le seul moyen de transport était par bateau, les gens venaient s’y installer sur un petit lopin de terrain près de la rivière pour y dénicher de l’or. J’y ai rencontré des Allemands, des Chinois, des Anglais d’Angleterre.  La période estivale est remplie de touriste, de festival et les habitants s’organisent pour que les touristes se souviennent de leur séjour avec une activité peu commune que l’on appelle  le ‘’Sour toe cocktail’’ qui existe depuis 1973.

 

C’est une légende qui a pris naissance en 1920 alors que deux hommes du nom de Otto et Louie Likken traversaient le Yukon. Otto se gela le pied et son frère dû lui amputer le gros orteil qu’il disposa dans un bocal avec de l’alcool. En 1973 le bocal fut trouvé dans une cabane dans le fin fond des bois et depuis la légende se poursuit avec bien sûr une certaine ‘’romanisation’’ pour attirer la clientèle.

 

D’ailleurs, il s’agit d’une cérémonie durant laquelle on se fait servir un whiskey et par la suite, à une table, est installé un capitaine de bateau qui nous fait la narration de l’histoire du sour toe. C’est lui qui place l’orteil dans notre verre, et pour obtenir le certificat qui atteste que le défi a été relevé, le client doit boire le whisky et l’orteil doit toucher les lèvres. Je l’ai fait en un rien de temps. J’ai donc un reçu un certificat d’attestation.

 

Ce soir-là nous avons fait la tournée des grands-ducs, et nous avons fait un arrêt au Casino. Quel endroit spécial avec tout ce bruit et ce magnifique spectacle de French cancan. J’ai même vu des ‘’nuggets’’ d’or la grosseur d’une balle de golf. Pas besoin de dire que j’en fus très impressionné. Le garçon trainait cela dans sa poche de jeans.

 

Il y a plusieurs bars à Dawson car à l’époque, soit en 1896, il y avait des bars et à l’étage supérieur se trouvait les services de prostitués. De nos jours il n’y a plus de prostitués, mais les bars existent toujours. Je ne pourrais faire le récit de cette grande tournée sans parler du ‘’snake pit’’ qui en français porterait le nom du trou à serpent.

 

Ma fille me dit que c’est vraiment un trou, ce qui semble ne pas être un endroit ou finir la soirée. Mais laissez-moi vous dire que c’est là où j’ai ri le plus et où les gens sont vraiment sympathiques. Ils sont saouls, oui, mais sympa. Que voulez-vous, je suis ouverte d’esprit et ne juge personne. En fait ce voyage m’a permis de mieux connaitre l’environnement de vie de ma fille car je ne comprenais pas pourquoi elle y demeurait, et il faut dire que secrètement je souhaitais qu’elle revienne.  La tournée des grands-ducs terminés, nous allons vers la maison pour dormir.

 

Le lendemain je décide d’emmener mon p’tit Léo faire une marche le long de la rivière pour ensuite nous diriger vers un petit resto, et s’asseoir dehors. Chemin faisant, Léo se fait saluer par tout le monde que nous croisions et du haut de ses 3 ans il leur envoie la main. J’ai l’impression d’être en compagnie d’un vieil homme. Je ne comprends pas encore tout à fait le fonctionnement de ce petit village, mais Léo me fait comprendre très vite que je n’ai pas besoin de lui tenir la main, et qu’il n’attendra pas en file avec moi pour avoir notre nourriture. Bien au contraire, il fait preuve d’une grande autonomie et cela me désempare. Pendant que j’attends notre repas, il part et va s’installer à une table dehors et fait la conversation avec les gens de la table d’à côté.

 

Nous mangeons et je lui propose d’aller vers le (seul) parc et prendre le temps de se parler. Je lui demande pourquoi il tient ses distances avec moi, et pourquoi son humeur change. Il me répond en anglais, en me regardant directement dans les yeux : But Grandma, I live here and you live there en me faisant un trajet avec son petit doigt. Et c’est là que j’ai tout compris. Il venait de m’apprendre une grande leçon de vie soit l’humilité, car les enfants peuvent très bien communiquer leur crainte

 

Je me suis donc affairé à lui dessiner sa maison et la mienne et tout l’amour qui pouvait nous lier. Il a pris le dessin et a demandé à sa mère de le mettre au-dessus de son lit. Ce petit bonhomme avait bien compris que c’est compliqué de s’attacher à quelqu’un qui vit si loin et que ceci comporte des risques.

 

Pendant mon séjour je suis également allé faire un tour sur la’’ Yukon river’’. Je suis également allé jouer au crible sur la galerie du chalet de cet autochtone, qui est situé sur une île. La vue était a couper le souffle. Je pense être définitivement une fille de bois et de nature. En fait ce voyage m’a permis de reprendre contact avec ma fille et mon petit-fils, mais aussi avec une partie de moi, longtemps mise aux oubliettes. Je me suis bien amusé avec ma fille à faire du ‘’gold panning’’, qui était la méthode utilisée pour puiser de l’or a la rivière.

 

 

J’ai tant encore à dire sur ce magnifique coin de pays et je crois avoir saisi pourquoi ma fille ne revient pas, car moi aussi j’y serais demeuré. Ce n’est que partie remise.

 

En terminant, voici quelques images de l’époque de la ruée vers l’or et vous pouvez cliquer ici pour y consulter l’histoire derrière.

 

Bonne lecture xox