Please reload

PAR TAGS : 

Please reload

POST RÉCENTS : 

ME SUIVRE : 

  • Facebook Clean Grey
  • Twitter Clean Grey
  • Instagram Clean Grey

Le Mois de l’histoire des Noirs : discussion avec Orphane

21/02/2018

 

Chaque année en février, le Canada souligne le Mois de l'histoire des Noirs. Lors du Mois de l'histoire des Noirs, nous sommes conviés à prendre part aux activités et aux célébrations qui mettent en lumière l'héritage et la culture des Canadiens noirs, ceux d'hier, ceux d'aujourd'hui et ceux de demain. 

 

Cette année précisément, le thème de la campagne du Mois de l’histoire des Noirs 2018 est « Femmes noires canadiennes : des histoires de force, de courage et de vision ». Avec les mouvements féministes qui façonnent et modernisent la société canadienne de nos jours, je trouve qu'un tel thème sur la femme noire est tout à fait adéquat. 

 

L’histoire des Noirs au Canada

Des personnes d’origine africaine ont contribué à articuler le patrimoine et l’identité du Canada depuis l’arrivée de Mathieu Da Costa, première personne noire à mettre les pieds au Canada, un navigateur et un interprète, qui remonte au début des années 1600.

 

Le rôle des Noirs au Canada n’a pas toujours été perçu comme un élément crucial de l’histoire du Canada. Il est très peu fait mention que certains loyalistes qui sont venus s’établir dans les Maritimes après la Révolution américaine étaient noirs, ou encore des nombreux sacrifices que les soldats canadiens noirs ont faits en temps de guerre, depuis l’époque de la guerre de 1812. Peu de Canadiens savent que des Africains sont devenus des esclaves sur le territoire qui constitue aujourd’hui le Canada, ou comment ceux qui ont lutté contre l’esclavage ont aidé à jeter les bases de la société canadienne diversifiée et inclusive.

 

Le Mois de l’histoire des Noirs est l’occasion d’en apprendre plus sur ces récits canadiens et les nombreuses autres contributions importantes des Canadiens noirs à la colonisation, à la croissance et au développement du Canada, ainsi que la diversité des communautés noires et leur importance pour l’histoire du pays.

 

Parmi des femmes noires inspirantes qui jouent un rôle essentiel au multiculturalisme et à l'égalité des genres, il y a Michaëlle Jean, première femme noire gouverneure générale du Canada de 2005 à 2010, Rosemary Brown, première femme noire députée à une législature provinciale (l'Assemblée législative de la Colombie-Britannique de 1972 à 1986) Yolande James (la première députée noire à l’Assemblée nationale du Québec, et la première ministre noire du Cabinet de l’histoire du Québec), Perdita Felicien (la première Canadienne à avoir remporté une médaille individuelle aux Championnats du monde de l'Association internationale des fédérations d'athlétisme, et elle est 10 fois championne canadienne), ainsi que tant d'autres autres.

 

Pour consulter une liste de personnages historiques remarquables, qui représentent la force et le courage dont ont fait preuve les Canadiens noirs pour vaincre l’adversité, veuillez cliquer ici.

 

Discussion avec orphane

Lors de mon parcours universitaire, j'ai eu la chance de rencontrer Orphane dans un cours de littérature française en septembre 2012. Elle complémente mon sac à dos, et pouf, c'est le début d'une douce amitié. Nous nous suivons à travers les semestres, les projets d'équipe, les études de groupe, les sorties dans des cafés. 

 

Orphane est haïtienne d'origine, et sa famille est venue s'installer à Gatineau avant sa naissance. À vingt ans, elle terminait ses études à l'Université d'Ottawa avec un baccalauréat dans les poches. Maintenant étudiante à l'Académie de dessin et de mode Richard Robinson à Ottawa, elle poursuit sa passion pour le design. Orphane est inspirante : elle est une jeune femme noire qui est à la conquête de son rêve d'entrepreneuse de design de mode.

 

À la lueur du Mois de l'histoire des Noirs, il me tenait à cœur de discuter d'une jeune femme noire de mon entourage afin de mettre l'accent sur ses enjeux et ses ambitions. Orphane a si gentiment accepté de répondre à dix questions sur son parcours de l’adolescence à sa vie de jeune professionnelle. Je vous partage ma discussion avec elle!

 

Pour toi, que signifie le Mois de l’histoire des Noirs?

 

Pour moi, le Mois de l'histoire des Noirs signifie une opportunité de vraiment célébrer l'histoire des Noirs en général, que ça soit ici au Canada ou aux États-Unis. C'est aussi une opportunité de faire des réflexions sur ce que ça signifie d'être Noir de nos jours. Aux États-Unis, je vois que le Mois de l'histoire des Noirs est plus discuté. C'est surtout à cause de l'esclavage. 

 

Même si février est le mois le plus court de l'année, au moins la discussion est ouverte. On peut parler ouvertement de nos enjeux, et voir que nous ne sommes pas seuls. C'est un épanouissement culturel. C'est une célébration!

 

Est-ce que le Mois de l’histoire des Noirs t’offre un épanouissement culturel qui existe moins, ou pas du tout, les autres onze mois de l’année?

 

Oui, ça m'offre quelque chose de plus. Certaines personnes sortent un peu de leur trou. C'est leur opportunité, leur chance de parler de leur histoire et de leur vécu. Ils peuvent parler de ce que ça signifie être noir pour eux. Il y a gens que je suis sur les médias sociaux qui sont des comédiens, des blogueurs, des artistes, des activistes, peut importe, et durant le mois de février, ils prennent vraiment le temps de parler de leur expérience étant une personne noire. Souvent, ils en discutent dans le cadre de leur domaine, que ce soit en mode, en science, en art. Le mois de février leur offre une voix. Pour moi, le mois de février m'offre quelque chose de plus parce que je découvre et j'apprends beaucoup de choses sur les individus que je suis sur les médias sociaux. Ça me permet de me rendre compte que je ne suis pas toute seule dans ce que j'ai vécu.

 

Tu es une blogueuse, une étudiante en design, et une jeune entrepreneuse. Crois-tu que des origines influencent le fait que tu tentes de percer dans l’industrie du design?

 

Oui, bien sûr que ça m'influence, mais avant d'être blogueuse, d'être designer, d'être une artiste, que je le veuille ou non, je suis une personne noire avant tout. Je ne peux pas le cacher. Bien sûr ça influence mon désir de cheminer dans le domaine de la mode parce qu'en tant que personne noire, je vais me retrouver dans des situations où les gens seront racistes envers moi. La discrimination, c'est la réalité. Ceci va aussi m'influence dans le sens où dans le domaine de la mode, il y a des jeunes femmes noires haïtiennes qui ont percé et elles ont de belles entreprises. Mes origines m'influencent puisque je suis dois travailler beaucoup plus fort pour arriver au même niveau qui certaines personnes qui ont des privilèges que moi je n'ai pas ou jamais eu. Quand je vois ces gens-là, ça me pousse à travailler vers mon rêve. Si elle a réussi, je la vois comme un mentor. Si je travaille fort, si je m'applique, je peux réussir. Mes origines m'aident parce qu'elles me rendent plus forte.

 

 

Quels sont certains enjeux que tu as dû surmonter comme jeune femme noire?

 

First thing first. Je suis née à Gatineau, et les premières années de ma vie, j'habitais à Templeton (un quartier résidentiel, une banlieue de Gatineau). Mes frères et moi avons grandi là. Mon plus vieux frère était le seul enfant noir de toute l'école primaire. Lorsque mon second frère a commencé l'école, ils étaient les deux seuls élèves noirs de l'école, et ainsi de suite jusqu'à mon début à l'école primaire. Nous étions la seule famille noire de tout le quartier. Ce qui fait que tout mon primaire et mon secondaire (primaire surtout), à cause que j'étais la seule (ou presque toujours) la seule élève noire de ma classe, on me posait toujours les mêmes questions.

 

On me demandait D'où tu viens? et je répondais Eh bien, de Gatineau. Et puis on me redemandait Nonon mais d'où tu viens vraiment? La phrase que j'ai le plus répétée : Je suis née ici, mais mes parents sont haïtiens. J'ai toujours dit que je suis née ici sinon les gens pensent que je suis haïtienne, et que l'Haïti est un pays lointain. Ils pensent que je viens d'arriver et que je suis fresh off the boat. Je me sens obligée de préciser que je suis née à Gatineau. Je viens autant de Gatineau que toi puisque les deux nous sommes nés ici. J'ai toujours eu à m'explique, à expliquer d'où je viens. Ce n'est pas toujours agréable. 

 

J'ai eu cette conversation récente avec quelqu'un. Je pense qu'au Québec, à cause que certaines personnes habitent dans des environnements avec très peu de minorités visibles, j'ai rencontré des gens racistes en grandissant. Mais c'est surtout de la xénophobie, la peur de l'inconnue. Ils commencent à me parler, et puis leur peur ou leur inquiétude envers les personnes noires, c'est juste de l’ignorance. C'est juste parce qu'ils ne connaissent pas les autres cultures, il y a un choc de culture, de l'incompréhension. Une fois que je leur expliquais, c'est là que je voyais une curiosité, une ouverture d'esprit. Ils ne sont pas discriminatoires du tout. C'est seulement que they don't know better, bref c'est de l'ignorance.

 

« Je peux rencontrer les gens les plus gentils ici, avec des cœurs en or, mais ils sont ignorants. L'ignorance, ce n'est pas permanent. Tu peux t'éduquer. Tu peux guérir de ton ignorance. Si tu es ignorant, ça ne veut pas dire que tu mourras ignorant. »

 

La xénophobie me positionne souvent dans des situations où je dois tout le temps m'expliquer et me justifier. Je dois appliquer c'est quoi être noir et ma culture. Pourquoi tu fais ça de telle manière? Si je peux me permettre un exemple, quand j'étais jeune, ma mère ne voulait pas que je dorme chez des amies. Tout le monde me questionnait Mais pourquoi? C'est trop bizarre. Est-ce que ta mère a peur de quelque chose? Non, mais c'est comme ça que j'ai été élevé. J'avais de droit d'aller jouer chez des amies, mais pas de dormir chez elles. Je connais d'autres familles haïtiennes où les parents ne permettent pas à leurs enfants d'aller dormir chez leurs amis. Ce n'est que ma mère croyait que j'avais de mauvaises amies, pas du tout! C'est culturel. En grandissant, et en devenant plus responsable, oui je pouvais dormir chez des amies. Ce que je dis ici, ça ne s'applique pas nécessairement à toutes les familles noires. Tout dépend d'où tu as grandi, et de la culture qui t'entoure. 

 

Il y a aussi les stéréotypes. En grandissant, on me disait souvent Oh wow, tu n'es pas comme les autres noirs! Tu n'es pas comme les autres filles noires! Comment veux-tu que je réponde à ça? Je ne vais pas te dire merci. Qu'est-ce que ça veut dire, un tel commentaire? En d'autres mots, ils me disaient que je ne corresponds pas au stéréotype de la personne noire qu'ils s'imaginent dans leur tête. On veut me complimenter, mais c'est un commentaire raciste en lui-même. C'est exactement comme le fameux You're pretty for a black girl. Pardon, mais ce n'est aucunement un compliment! C'est blessant. Jeune, je ne correspondais pas au stéréotype de la fille noire que les gens avaient d'elles. Ils s'imaginent la fille noire bruyante, ratchet, ghetto. J'étais une enfant très réservée, timide, je ne parle pas fort, j'ai toujours eu des intérêts artistiques.

 

Un autre enjeu que j'ai eu en grandissant comme jeune femme noire, et encore dans le milieu où j'ai grandi, c'est un manque de représentation. En grandissant, je n'avais pas de modèle noir, que je voyais soit à la télévision ou ailleurs. Lorsque j'étais au secondaire, j'ai commencé à trouver mes propres modèles noirs, et ainsi à forger ma propre identité. Grâce aux médias sociaux, j'ai pu découvrir différentes personnalités de jeunes femmes noires. Ah ok, il y a des gens dans le monde qui me ressemble. Si elles ont réussi, moi aussi je peux. Ce manque de représentation a fait que j'ai eu beaucoup de difficultés avec ma propre image. Pendant longtemps, et ça c'est quelque chose qui s'applique à toutes les femmes peut importe nos origines, nous nous comparons à des standards de beauté qui sont ri-di-cu-les. On les voit partout : dans les magazines, à la télévision, sur les médias sociaux, etc.

 

En grandissant parmi ces standards de beauté qui m'entouraient, il y avait ce standard européen. C'est-à-dire la jeune femme blanche, grande, élancée, avec de longs cheveux soyeux blonds et des yeux bleus. C'est l'image de la beauté de notre société. Quand j'étais jeune, je me comparaissais à cette image. Pourquoi mon corps n'est pas aussi élancé? Pourquoi mes cheveux sont comme ça? C'est un enjeu en soi-même parce que, que je le veux ou non, cela a énormément affecté la manière que j'ai grandi.

 

« Ça affecte mon estime de soi, et surtout ma compréhension que ce que c'est d'être noir. Surtout si je me compare à une femme blanche, c'est ridicule. Hello, tu ne seras jamais blanche ma grande! Mais lorsque j'étais jeune, je ne le comprenais pas encore. »

 

Je vois maintenant que la représentation commence à changer (pour le mieux)! La représentation des Noirs dans les magasines, dans les films, dans les dessins animés. C'est merveilleux, surtout pour les très jeunes enfants. À l’adolescence, tu es capable de faire tes propres recherches et de te dire Ok, moi je vais aller chercher pour trouver les gens qui me ressemble et qui m'inspire. Toute jeune, entourée que de personnes blanches sauf ma propre famille, qui ne me ressemble pas et qui ne sont pas comme moi au niveau physique, ça créer un isolement malgré le fait que j'ai toujours été bien entouré. Je me suis sentie très seule. 

 

Je me retrouve si souvent dans une situation où je rentre dans une pièce, et je suis la seule personne noire. Je le sens, ça me pèse. Je me sens isolée, seule. Il peut y avoir une autre personne de minorité visible (même pas besoin d'être noire) et je me sens déjà moins seule. Je me sens seule parce que dans une pièce entourée que de personnes blanches, l'image que ces individus vont voir de moi, c'est comme si je porte sur mes épaules l'image des toutes les Noirs. Soudainement, je suis la représentante de toutes les personnes noires. C'est beaucoup de pression. 

 

« Oui je suis une personne noire. La différence est qu'en grandissant, je n'étais pas proudly black. Pourquoi? Parce que je ne voulais pas être trop noire pour déranger les gens. Ça, c'est un de mes plus grands regrets, de ne pas avoir compris ça plus tôt. »

 

Au moins, je l'ai compris assez tôt vers la fin de mon adolescence. En arrivant à l'université, entourée de plus de personnes noires, c'est là que j'ai commencé à réaliser que j'ai commis une erreur. Cette erreur est de ne pas vouloir déranger les gens à cause de mon origine. I didn't want to bother people with my blackness. Maintenant, je me dis If you are bothered, I don't care.

 

 

Le féminisme et les mouvements internationaux, tels que #MeToo, sont très d’actualités en ce moment. En tant que jeune femme, quelle féministe t'inspire le plus?

 

Avant toute chose, il y a deux types de féminismes : il y a le white feminism et le intersectional feminism. Une chose que j'aimerais que les féministes réalisent, toutes les femmes n'ont pas les mêmes droits. Tout dépend du privilège. Les femmes de couleur et les femmes blanches n'ont aucunement les mêmes droits.

 

« Les femmes de couleur sont perçues et traitées de manière complètement différente en société. Souvent, les femmes de couleur ne se sentent pas représentées par certaines grandes féministes reconnues. Déjà, entre elles, elles sont inégales. »

 

Lorsque je parle du féminisme intersectionnel, je me bas pour le droit des femmes, de toutes les femmes, pas seulement qu'une catégorie de femmes. C'est autant la femme blanche, de couleur, homosexuelle, et ne surtout pas oublier les femmes transgenres! 

 

Cela dit, une féministe qui m'a beaucoup influencé est Viola Davis. Elle est une actrice noire américaine. Ses discours viennent me toucher. Récemment, il y avait la Marche des femmes et Viola Davis s'est adressée à la foule. Ses paroles m'inspirent énormément. Elle dit que les femmes noires ne sont pas encore traitées de la manière que les femmes blanches dans son industrie du film et de la télévision. Ça ouvre les yeux. Ce n'est pas seulement un phénomène dans cette industrie-là, mais ça s'applique partout. En politique, en sciences, partout. Viola Davis, je l'aime beaucoup. J'aime sa manière de percevoir les choses, le monde.

 

D’où te vient cette passion pour la mode et le design?

 

J'ai toujours été très créative. Je suis chanceuse que ma mère m'a encouragé à poursuivre et à développer ce talent en moi. Ma grand-mère était couturière et designer, c'est ce qu'elle a fait toute sa vie. Je crois que cet intérêt pour la mode, il m'est presque inné. Très jeune, je savais ce que j'aimais et ce je n'aimais pas.

 

« This is me being unapologetic black. If you don't like it, it's ok. It's me. La mode est une manière de dire tout ça, sans le dire explicitement. Je parle avec mon style. »

 

En grandissant, et avec mon type de corps, j'ai toujours été différente des autres. La mode a toujours été ma manière de m'exprimer. J'ai grandi dans un environnement où j'étais (souvent) la seule personne noire, la mode est une manière de vouloir dire ce que je ne peux pas. Une façon de communiquer mon idéologie. La mode, c'est mon expression et ma démarcation. Être moi-même. 

 

Selon toi, ton imagination se limite à quoi, et pourquoi?

 

Je suis chanceuse. Mon milieu familial me supporte énormément et m'encourage à poursuivre mes rêves. C'est très rare. Une limite, c'est sûrement au niveau financier. Démarrer en business est dispendieux. Ça coûte beaucoup d'argent. Je sais qu'il faut commencer petit, et bâtir de là. J'ai aussi une peur d'échouer. Je vais avoir investi toute mon énergie dans ce projet. À quoi ça sert si dans quelques mois, tout tombe à l'eau? Mais bon, un pas à la fois.

 

 Y a-t-il un message que tu tentes de communiquer à travers tes designs?

 

Le message, même si c'est hyper quétaine, et que cette phrase est surutilisée, est be yourself. Je veux que mes designs offrent de la confiance aux gens. Je veux qu'ils soient fiers de qui ils sont et de leur apparence. Je veux que les femmes et les jeunes hommes qui vont porter mes vêtements puissent être eux-mêmes. Il n'y a pas deux personnes comme toi sur la terre

 

À la base, mes vêtements sont inspirés du mouvement minimaliste. Lors de ma première collection, les couleurs étaient blanc, noir et gris. J'ai choisi ces couleurs-là parce que je veux que les gens puissent prendre mes vêtements et bâtir de là. Avec mes vêtements, je veux qu'il amène une touche de leur propre style. Même avec mes vêtements sur le dos, les gens peuvent être eux-mêmes. 

 

 

D'ici dix ans, qu'aimerais-tu avoir accompli, que ce soit au niveau professionnel?

 

D'ici dix ans, et dix ans, c'est beaucoup de temps, j'aimerais avoir ma propre compagnie de vêtement. J'aimerais être capable de répondre à mes besoins financiers grâce à ma compagnie, et vivre de ça. Quand même, dix ans c'est beaucoup et j'aurais le temps to work this shit out! Une seconde chose aussi que j'aimerais avoir accompli d'ici dix ans est d'être dans différentes Fashion Week en tant que designer, que ça soit à New York, à Paris, à Londres et même à Milan!

 

S’il y a une chose que tu aimerais faire comprendre, en tant que jeune femme noire, à un public anonyme multiculturel, que dirais-tu?

 

J'aimerais dire que le vécu de tout le monde est différent. Ce n'est pas parce que ce n'est TON vécu que tu peux rabaisser ou dénigrer le vécu des autres. Ça s'applique aux hommes, aux femmes, aux personnes noires ou non. Il y a des choses que tu vis que d'autres personnes de différents background culturels ne comprendront pas. Et même être une femme. Je vais vivre des choses qu'un homme ne peut pas comprendre. Ça ne veut pas dire que mon vécu vaut moins que le tien. J'ai ce besoin d'être écouté oui, mais aussi même si on ne me croit pas, c'est ce besoin qu'on prenne le temps de m'écouter. 

 

« Une chose en tant que jeune femme noire que j'aimerais faire comprendre à un public multiculturel est qu'être une personne noire de nos jours, peut importe où tu as grandi, est quelque chose de difficile, mais c'est extrêmement beau. Ça me donne beaucoup, et ça fait de moi quelqu'un de plus fort. »

 

Toutes les photos de cet article proviennent d'Orphane. 

 

Vous voulez contacter Orphane? Veuillez cliquer ici pour visiter son blog.

Instagram : @fresh_poetry (compte personnel) & @_franchefranche (compte de mode)