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Tous les chemins mènent à Rome, même ceux de gravel...

19/09/2018

 

Je ne suis pas de ces personnes qui ont toujours su ce qu’elles voulaient faire dans la vie. Lorsqu’en secondaire 4 on m’a demandé ce que je voulais faire comme métier ou profession, j’ai hésité. Les tests d’orientation ne me fournissaient pas de réponse claire, je savais que j’avais de bons résultats scolaires qui me permettaient un éventail de possibilités mais l’immensité des choix disponibles me paralysaient.  

Au moment de faire mon choix, après réflexion j’ai opté pour le programme de techniques d’intervention en délinquance. Avec mon âme idéaliste, je me disais que cette voie serait peut-être mienne puisque j’avais déjà fait du bénévolat avec les enfants de femmes victimes de violence conjugale, entre autres et un programme de la Maison des jeunes de mon quartier m’avait permis, lorsque j’avais 12 ou 13 ans, de visiter des personnes qui pratiquaient des professions qui pourraient m’intéresser. J’étais donc allée rencontrer une agente de probation (choix plutôt inhabituel pour une jeune personne de mon âge!) et une biologiste au Biodôme de Montréal.   

J’ai donc débuté mon parcours à 17 ans au CÉGEP comme la majorité des jeunes qui y entrent, remplie d’optimisme. J’adorais mes cours de criminologie, de droit et de psychologie. Par contre, arrivée à mon premier stage d’observation dans un centre jeunesse fermé pour adolescents avec un problème de délinquance, mon optimisme a commencé à chambranler. Détrompez-vous, ce n’étaient pas ces jeunes qui m’ont fait douter mais j’ai eu une prise de conscience qui m’a fait me questionner : Que pourrais-je apporter à ces jeunes hommes du haut de mes 18 ans, moi qui provenait d’un milieu de classe moyenne? Quel recul avais-je face à leur situation? Avais-je assez d’expérience et de maturité pour intervenir auprès d’eux? C’est là que j’ai pris la décision d’abandonner le programme, je me suis mise à douter de moi et de mes capacités à bien faire ce travail. C’était une charge trop lourde pour mes jeunes et frêles épaules. Pour moi l’intervention n’était et n’est pas qu’un simple travail, il est question de la vie de personnes et dans le rôle qui m’était confié, je ne sentais pas que j’étais apte à remplir ce mandat.  

Par la suite j’ai voyagé, étudié en commercialisation de la mode, en fleuristerie, en reliure. J’ai travaillé dans d’innombrables domaines sans jamais trouver la passion ou l’intérêt approfondi pour un métier quelconque.  

La vie s’est occupée de moi d’une façon brutale et inattendue. J’ai eu de gros ennuis de santé qui m’ont placée sur la voie d’accotement pendant environ 8 ans, années pendant lesquelles je m’étais pratiquement résignée à ne pas attendre plus de la vie que ce que j’avais. On me disait que je ne pourrais pas plus et que je devais me contenter de ma survie, sans enfants et sans grande ambition…  Mais mon esprit combattif ne pouvait s’y résigner, je n’arrivais pas à croire que ma vie se résumerait à ça.  

            Contre toutes attentes, je suis retournée à l’école en techniques de travail social à 36 ans, devenue maman à 39 ans après 3 années d’essais. Lorsque j’ai terminé mon diplôme d’études collégiales, j’ai voulu continuer. Je visais des études supérieures pour ma satisfaction personnelle, pour prouver aux médecins qu’ils avaient eu tort en ce qui me concerne et pour surpasser le contentement passif lié au fameux  proverbe : «Né pour un petit pain». Je veux montrer à mon fils qu’il peut faire ce qu’il veut dans la vie et ne pas laisser les autres lui dire le contraire. Même s’il ne décide pas de prendre cette voie, je veux être ce modèle et une inspiration pour lui. Pour ce faire, à 41 ans, je débute mon Baccalauréat en travail social à l’UQO. Je sais que je vais devoir travailler fort, l’obtenir et je vise la Maîtrise et pourquoi pas le Doctorat? Je combine mes rôles de maman, entrepreneure, étudiante, travailleuse, femme et conjointe. Cela fait beaucoup mais chacun de ces rôles me comble d’une façon différente et ils sont essentiels pour mon équilibre. 

Après toutes ces années, j’ai pu, à 39 ans, dire que je savais exactement ce que je voulais faire dans la vie. Cela m’aura pris un parcours parsemé d’embûches, de doutes, de pleurs, de panique et de remises en question mais je suis enfin certaine de mon choix. La vie a mis sur mon chemin des personnes qui ont cru en moi souvent plus que je ne croyais en moi-même, j’ai enfin réussi à voir ce qu’ils pouvaient voir en moi et pour cela, je leur en serai éternellement reconnaissante. Nul besoin de les nommer, ils/elles savent qui ils/elles sont. 

Ce qui est le plus étrange c’est que je reviens là où j’avais fait mon choix au départ mais en étant certaine, cette fois, que j’ai quelque chose à apporter et que je peux faire une différence. Je n’ai pas comme objectif de changer le monde mais si je peux faire la différence dans la vie d’une personne, j’aurai accompli ma mission. Je l’ai déjà fait pour moi. Comme quoi il n’est jamais trop tard!

 

 

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