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Le peintre et la manipulatrice

19/03/2019

 

 

Résolution 2019 : lire un livre en français et un livre en anglais par mois.

 

Entre le travail de 9h à 17h, les rendez-vous, les engagements familiaux, les courses, les commissions, la cuisine, le ménage, et le prochain épisode sur Netflix qui nous hante, j'ai délaissé la lecture. Mon temps à l'université a également rendu la lecture une tâche, une obligation. Des lectures de manuels universitaires, des articles scientifiques, des thèses. Bref, l'étude où les pages à lire, à relire, à surligner, à apprendre par cœur s'empilaient sur mon bureau. 

 

Lire pour le plaisir a simplement pris le bord. Je le regrette. Je ne suis plus étudiante depuis plus de deux ans. Je désire commencer l'année 2019 en revenant à la souche de mon loisir favori : lire pour le simple plaisir de lire. Découvrir et voyager pour en apprendre sur les autres, et encore davantage sur moi-même. 

 

Consultez mes lectures de janvier 2019 ici : Le muet et le réfugié

Consultez mes lectures de février 2019 : L'aventurière et la chroniqueuse

 

Au menu pour le mois de mars 2019 :

 

  • Livre en français : Au péril de la mer, de Dominique Fortier

  • Livre en anglais : Gone Girl, de Gillian Flynn

 

Allons-y, Alonzo! Bonne lecture.

 

 

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Au péril de la mer, de Dominique Fortier

 

Le peintre, c'est celui qui, pour éviter de succomber à une peine d'amour, cohabite avec les moines du Mont Saint-Michel.

 

La couverture arrière du roman :

 

Aux belles heures de sa bibliothèque, le Mont-Saint-Michel était connu comme la Cité des livres. C’est là, entre les murs gris de l’abbaye, que trouva refuge, au quinzième siècle, un peintre hanté par le souvenir de celle qu’il aimait. C’est là, entre ciel et mer, que le retrouvera cinq cents ans plus tard une romancière qui cherche toujours le pays des livres. Ils se rencontreront sur les pages d’un calepin oublié sous la pluie.

 

Avec ferveur et intelligence, Dominique Fortier grave dans notre esprit un texte en forme de révélation, qui a la solidité du roc et l’ivresse des navires abandonnés. À la fois roman et carnet d’écriture, Au péril de la mer est un fabuleux hommage aux livres et à ceux qui les font.

 

 

Un mot sur l'auteur :

 

Dominique Fortier, née à Québec en 1972, est une romancière et traductrice québécoise. Elle construit depuis une dizaine d’années une oeuvre singulière, au confluent de l’Histoire et de l’imaginaire. Son premier roman, Du bon usage des étoiles (2008), a reçu le prix Gens de mer du festival Étonnants Voyageurs de Saint–Malo, et Au péril de la mer a été couronné par le Prix littéraire du Gouverneur général en 2016. 

 

Mont Saint-Michel, en Normandie. (www.culturebox.francetvinfo.fr)

 

Mes commentaires :

 

Au péril de la mer est livre inhabituel, presque impossible à classifier dans son genre. Est-ce un roman de fiction historique?J'ai trouvé ce livre très déroutant. Il s’agit du Mont-Saint-Michel, un site historiquement et accueil des touristes curieux au quotidien (voir la photo au-dessus), en mettant l’accent sur la vie des moines qui habitaient ce Mont au XV siècle, lieu de pèlerinage qui regroupait une riche collection le livres. Mais la période et le narrateur changent brusquement sans marque de repère aux lecteurs. Il m'a fallu presque lire à la moitié du livre pour comprendre que la narratrice était en fait une femme, une mère qui veillait à sa petite fille.

 

Alors pourquoi ce livre ne m'a pas plu? En fin de compte, le livre n'est pas un récit substantiel. L’écrivaine dans les deux voix qu’elle utilise (sa propre voix de nouvelle maman et celle d’un peintre de la fin du Moyen Âge) nous offre une collection de fragments incomplets. Aussi beaux et uniques que soient ces fragments, ils ne se confondent jamais en un portrait substantiel du Mont-Saint-Michel ou de sa bibliothèque sacrée.

 

L'auteure semble vouloir écrire une histoire sur l'île du Mont-Saint-Michel, et il est évident qu'elle inclut des recherches assidues, mais le résultat est exécuté sous une forme étrange et fragmenté. Je m'intéressais énormément aux éléments historiques, mais j'avais du mal à suivre le développement des personnages à cause des éclipses discontinues dans le temps et la voix narrative.

 

À la fin, ce livre est une séquence de rêve, conçue par une écrivaine très talentueuse. Certains passages sont perspicaces et démontrent beaucoup d'agilité d'écriture, permettez-moi d'en citer un exemple : « Cervantes et Shakespeare ne se sont jamais rencontrés, mais ils sont tous deux morts le 23 avril 1616. Pour cette raison, on a déclaré que le 23 avril serait la Journée mondiale du livre. On oubliait que l'Espagne du début du XVIIe siècle avait adopté le calendrier grégorien, alors que l'Angleterre utilisait toujours le calendrier julien. Les deux plus grands écrivains à n'avoir jamais vu le jour sont donc bien morts à la même date, mais à dix jours d'intervalle. On pourrait appeler ça un problème de traduction. » Ce passage n'est qu'un parmi tant d'autres. 

 

Si seulement cette citation était tout ce que contenait Au péril de la mer, sa lecture aurait été sans effort.

 

 

Quelques citations favorites :

 

« Je ne suis pas un homme de Dieu, je ne suis pas un homme de sciences. J'étais peintre et ne le suis plus. Le peu que je connais du monde, je le dois aux récits de plus savants que moi. Voici ce que je sais : j'aimais une femme et elle est morte. »

 

« J'ai regardé autour de moi les moines livrés au sommeil. Un ronflement s'est élevé, sonore, régulier. À l'autre bout de la pièce, quelqu'un a gémi doucement. Souffrait-il en rêve ou bien tentait-il de se donner du plaisir, je l'ignore, et comment il se fait que les hommes n'ont qu'un bruit pour jouir ou pour pleurer. »

 

« Les hommes font la guerre, ils entreprennent des pèlerinages, ils labourent la terre et construisent des cathédrales, chacun de leurs gestes repris par le jumeau silencieux. Tout ce temps, moines, soldats, princes et lépreux ne se rendent pas compte qu'ils ne font rien que danser avec leur mort. »

 

 

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Gone Girl, de Gillian Flynn

 

La manipulatrice, c'est Amazing Amy, la belle femme intelligente et provocatrice, qui disparaît mystérieusement de son foyer. 

 

 

Couverture arrière du roman :

 

Par une chaude matinée d'été à North Carthage, dans l'état de Missouri, Nick et Amy Dunne célèbrent leur cinquième anniversaire de mariage. Les cadeaux sont emballés et les réservations sont faites lorsque la belle femme intelligente de Nick disparaît. Le mari de l’année, Nick, ne se fait aucune faveur en rêvant à la forme de la tête de sa femme, mais des extraits du journal d’Amy révèlent que la femme alpha perfectionniste et dominante aurait pu mettre dangereusement provoqué les gens, et encore davantage Nick. 

 

Sous la pression croissante de la police et des médias - ainsi que les parents extrêmement insistants d’Amy -, le golden boy Nick défile une série sans fin de mensonges, de tromperies et de comportements inappropriés, tels que l'insensibilité et la froideur. Nick est curieusement évasif et évidemment amer face à la disparition de sa femme, mais est-il vraiment un tueur?


Alors que la police met la main sur des indices essentiels qui se retournent contre Nick qui jure son innocence, chaque couple en ville se demande vite à quel point ils connaissent bien celui qu'ils aiment. Si Nick n'est pas responsable de la disparition (ou du meurtre...) de sa femme, où est-elle? Et qu'y avait-il dans cette boîte enveloppée d'un papier argenté, dissimulée dans le fond du placard de leur chambre?

 

 

Un mot sur l'auteur :

 

Gillian Flynn est née le 24 février 1971 à Kansas City. Elle est une scénariste et romancière américaine, spécialisée dans l'écriture du roman policier. Son roman Gone Girl est son troisième livre, et son plus grand succès. Avec son écriture extrêmement nette et sa perspicacité psychologique, Gillian Flynn livre un thriller rapide, incroyablement sombre et ingénieusement comploté qui confirme son statut d’écrivaine.

 

 

Mes commentaires :

 

Marguerite Yourcenar a écrit il y a longtemps que "le masque, compte tenu du temps, devient le visage même". Cela peut fonctionner pour le bien ou pour le mal, mais plus les secrets sont hideux, plus ce masque est construit avec soin. Et si vous découvriez, après cinq ans de mariage, que vous n’aviez vu que le masque et jamais le vrai visage de votre épouse?

 

La connaissance, c'est le pouvoir, et jamais plus que dans une relation intime. Et si votre conjoint vous connaissait si bien qu'il pouvait anticiper votre comportement en toute circonstance, et ainsi vous manipuler sans que vous vous en rendiez compte? Gillian Flynn prend les préoccupations conjugales communes concernant l'argent, la belle-famille et la parentalité dans le cas de Nick et Amy Dunne. Amy est révélée par ses journaux intimes, et Nick raconte ses expériences alors qu'il suit les indices de la chasse au trésor organisée par son épouse avant sa disparition. Nick a-t-il tué Amy? Beaucoup de gens le pensent, mais son corps n'a pas été retrouvé. 

 

J'ai adoré ce roman de genre meurtre, mystère et suspense. Les descriptions sont glaçantes. L’auteure a définitivement joué avec mon esprit, c’est tordu. Les pires défauts humains sont mis en évidence dans le livre : la jalousie, la vengeance, l'amertume, les mensonges, la manipulation, l'obsession, le pouvoir, la notoriété, le complot, et la peur. Les lecteurs (et davantage les lectrices) peuvent s'identifier à Amy, malgré sa folie et son manque de jugement, et pourtant je la déteste. Gone Girl très émotionnellement déroutant et puissant.


Gone Girl est un livre impossible à déposer. Il n’y a pas grand chose à dire sans risquer de divulguer le développement de l'intrigue. Trop de fois, j'ai voulu tricher et jeter un coup d'œil aux dernières pages pour voir comment le mariage de Nick et Amy survit à la disparition d'Amy. Mais je ne l’ai pas fait. J'ai résisté, et je n'ai pas été déçue. Lorsque je suis arrivée à la dernière page, j'étais secouée, horrifiée, le cœur me battait à la chamade.

 

Après ma lecture, je résistais l'envie de le lire une deuxième fois.

 

 

Quelques citations favorites :

 

« Because isn’t that the point of every relationship: to be known by someone else, to be understood? He gets me. She gets me. Isn’t that the simple magic phrase?  »

 

« Nick and I, we sometimes laugh, laugh out loud, at the horrible things women make their husbands do to prove their love. The pointless tasks, the myriad sacrifices, the endless small surrenders. We call these men the dancing monkeys.  »

 

« Tampon commercial, detergent commercial, maxi pad commercial, windex commercial - you'd think all women do is clean and bleed.  »

 

« Men always say that as the defining compliment, don’t they? She’s a cool girl. Being the Cool Girl means I am a hot, brilliant, funny woman who adores football, poker, dirty jokes, and burping, who plays video games, drinks cheap beer, loves threesomes and anal sex, and jams hot dogs and hamburgers into her mouth like she’s hosting the world’s biggest culinary gang bang while somehow maintaining a size 2, because Cool Girls are above all hot. Hot and understanding. Cool Girls never get angry; they only smile in a chagrined, loving manner and let their men do whatever they want. Go ahead, shit on me, I don’t mind, I’m the Cool Girl.  »

 

« And then I can't help myself, even though it's none of my business, even though Nick would be furious if he knew: I cross over to the trash can and pull out the receipts, so I can picture where he's been all night. Two bars, two strip clubs. And I can see him in each one, talking about me to his friends, because he must have already talked about me for all that petty, smeared meanness to come out so easily. I picture them at one of the pricier strip clubs, the posh ones that makes men believe they are still designed to rule, that women are meant to serve them, the deliberately bad acoustics and thumping music so no one has to talk, a stretch-titted woman straddling my husband (who swears it's all in fun), her hair trailing down her neck, her lips wet with gloss, but I'm not supposed to be threatened, no it's just boyish hijinks, I am supposed to laugh about it, I am supposed to be a good sport. »

 

 

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Au menu pour le mois de avril 2019 :

 

  • Livre en français : Félix et la source invisible, par Éric-Emmanuel Schmitt

  • Livre en anglais : Veronika Decides to Die, par Paulo Coelho

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