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Le fils et la fille

16/04/2019

 

Résolution 2019 : lire un livre en français et un livre en anglais par mois.

 

Entre le travail de 9h à 17h, les rendez-vous, les engagements familiaux, les courses, les commissions, la cuisine, le ménage, et le prochain épisode sur Netflix qui nous hante, j'ai délaissé la lecture. Mon temps à l'université a également rendu la lecture une tâche, une obligation. Des lectures de manuels universitaires, des articles scientifiques, des thèses. Bref, l'étude où les pages à lire, à relire, à surligner, à apprendre par cœur s'empilaient sur mon bureau. 

 

Lire pour le plaisir a simplement pris le bord. Je le regrette. Je ne suis plus étudiante depuis plus de deux ans. Je désire commencer l'année 2019 en revenant à la souche de mon loisir favori : lire pour le simple plaisir de lire. Découvrir et voyager pour en apprendre sur les autres, et encore davantage sur moi-même. 

 

Consultez mes lectures de janvier 2019 : Le muet et le réfugié

Consultez mes lectures de février 2019 : L'aventurière et la chroniqueuse

Consultez mes lectures de mars 2019 : Le peintre et la manipulatrice

 

Au menu pour le mois d'avril 2019 :

 

  • Livre en français : Félix et la source invisible, par Éric-Emmanuel Schmitt

  • Livre en anglais : Veronika Decides to Die, par Paulo Coelho

 

Le fils, c'est celui qui est prêt à tout pour sauver sa mère de la dépression. La fille, c'est celle qui avale paquets de somnifères avec l'intention de ne jamais voir le lendemain. 

 

Pour mes lectures du mois d'avril, j'ai sélectionné deux livres pour fêter mon 25e anniversaire en beauté. Avec ces deux lectures, j'espère en tirer des leçons sur deux aspects qui me tiennent particulièrement à cœur : 1) la joie de vivre, la signification du moment présent, et bien entendu, de la vie elle-même, et 2) l'importance et la gravité de la santé mentale. Ces deux thèmes sont alors récurrents dans Félix et la source invisible et Veronika Decides to Die

 

Allons-y, Alonzo! Bonne lecture.

 

 

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Félix et la source invisible, d'Éric-Emmanuel Schmitt

 

Le fils, c'est celui qui est prêt à tout pour sauver sa mère de la dépression, y compris l'amener en Afrique dans l'espoir que sa terre natale puisse la réveiller de son mutisme et de son détachement.

 

 

La couverture arrière du roman :

 

Félix, 12 ans, est désespéré. Sa mère, la merveilleuse Fatou, qui tient à Belleville un petit bistrot chaleureux et coloré, est tombée dans une dépression sans remède. Elle qui incarnait le bonheur n’est plus qu’une ombre. Où est passée son âme vagabonde ? Se cache-t-elle en Afrique, près de son village natal ? Pour la sauver, Félix entreprend un voyage qui le conduira aux sources invisibles du monde.

 

Dans l’esprit d'Oscar et la dame rose et de Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran, Eric-Emmanuel Schmitt interroge les mystères de l’animisme (ce qui sinifie une attitude consistant à attribuer aux choses une âme analogue à l'âme humaine), la puissance des croyances et des rites issus d’une pensée spirituelle profondément poétique. Il offre aussi le chant d’amour d’un garçon pour sa mère.

 

 

Un mot sur l'auteur :

 

En deux décennies, Eric-Emmanuel Schmitt est devenu un des auteurs francophones les plus lus et les plus représentés dans le monde. Plébiscitées tant par le public que par la critique, ses pièces ont été récompensées par plusieurs Molière et le Grand Prix du théâtre de l’Académie française.

 

Ses livres sont traduits en 45 langues et plus de 50 pays jouent régulièrement ses pièces. Selon des statistiques récentes, il est aujourd’hui l’auteur le plus étudié en collèges et en lycées. Ses pièces, constamment créées et reprises dans les théâtres nationaux ou privés du monde entier, appartiennent désormais au répertoire contemporain.

 

Eric-Emmanuel Schmitt vit à Bruxelles. Toutes ses œuvres en français sont éditées par Albin Michel.

 

 

Mes commentaires :

 

Félix et la source invisible ne fait pas exception aux œuvres tout aussi philosophiques que poétiques qui fait l'éloge aux talents d'écriture hors pair d'Éric-Emmanuel Schmitt. Une fois de plus, Eric-Emmanuel Schmitt nous livre un très beau roman dont certaines de ses thématiques sont redondantes : le pouvoir de croyances et l'effet de la spiritualité qui nous poussent à revisiter nos racines, et l'importance de la famille. Félix et la source invisible est armé d'une écriture envoûtante pour un texte qui l’est tout autant.

 

Félix et sa mère Fatou habitent le quartier de Belleville, à Paris. Sa mère tient un charmant café populaire. Les lecteurs s'attachent rapidement aux clients quotidiens, qui viennent animer Fatou et Félix avec leur expression et leur joie de vivre. Avec leur aide et leur loyauté inestimable, Félix affrontera l'impossible pour guérir sa mère, ce qui inclut la ramener à sa terre natale au Sénégal. Tourmentée par un passé de guerre, Fatou affrontera les cicatrices de son enfance, et au bout du tunnel, la lumière qui marque la fin de la tourmente se fera de plus en plus importante.

 

Il y a quelque chose de pur, de provocateur, de profond dans cette histoire : Félix a douze ans et tente de guérir sa mère d'une dépression. C'est l'amour de la famille contre la santé mentale. C'est l'admiration d'un fils pour sa mère contre les mépris des autres. Et c'est cet amour et soif de vivre qui pousse Félix à sauver sa mère, dont ni antidépresseurs ni la médecine vaudoue semblent la guérir de sa transe. 

 

 

Quelques citations favorites :

 

« L'alcool ne révèle pas ce que nous sommes, mais ce à quoi nous résistons. Il enlève les digues de notre conscience. Le gens qui s'interdisent de rire et de plaisanter durant la journée accèdent à l'euphorie; ceux qui s'abstiennent de râler ou de se lamenter déversent leur amertume. Aux esprits tristes, le vin gai; aux esprits gais, le vin triste! Ce cher Bamba s'efforce tant de nous distraire que, dès qu'il boit, la mélancolie le noie... »

 

« Autrefois, tu as réchappé au carnage grâce à ton indépendance. Si tu ne t'étais pas camouflée dans le baobab pour lire, tu aurais été exécutée avec ta famille. Du coup, tu te persuades qu'en restant solitaire, en ne te liant à personne, en dominant tout et tout le monde, tu surmonteras les dangers. »

 

« L'Afrique, c'est l'imagination sur Terre. L'Europe, c'est la raison sur Terre. Tu ne connaîtras le bonheur qu'en important les qualités l'une dans l'autre. »

 

« Pourquoi les oiseaux s'envolent-ils? Les gens sérieux te diront qu'ils se déplacent, chassent la nourriture, explorent le ciel, bref, des actes utiles. Quelle horreur! Non, les oiseaux volent comment ils chantent, pour le plaisir, pour la beauté du geste, pour l'euphorie de l'instant. »

 

 

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Veronika Decides to DIe, de Paulo Coelho

 

La fille, c'est celle qui avale quatre paquets de somnifères avec l'intention de ne jamais voir le lendemain.

 

Couverture arrière du roman :

 

Veronika, ayant marre de la banalité et de l'absurdité de sa vie, avale des somnifères pour se suicider. Cependant, elle se réveille dans un hôpital psychiatrique où elle apprend que sa mort surviendra dans quelques semaines tout au plus, à cause des effets de la surdose de sédatifs sur son cœur. Pendant ces quelques jours de répit, elle fait alors la connaissance des autres patients de l'établissement. Elle tomber amoureuse d'un jeune homme muet, qui n'a pas prononcé un mot depuis des années. En s'attachant aux individus à l'hôpital, Veronika retrouve le goût à la vie et décide de profiter de chaque moment jusqu'au moment de sa mort.

 

 

Un mot sur l'auteur :

 

Paulo Coelho est né en 1947 à Rio de Janeiro. Adolescent rebelle dans une famille conservatrice et étudiant contestataire plusieurs fois emprisonné sous un régime dictatorial, il devint parolier (auteur des paroles d'une chanson) de Raul Seixas, une des plus grandes vedettes du rock des années 70 au Brésil. Son livre L'Alchimiste, paru en 1988 au Brésil, est devenu un best-seller international, traduit dans 59 langues et publié dans 150 pays.

 

Il a reçu de nombreux prix prestigieux, et est membre de l’Académie des lettres brésilienne depuis 2002. Mise à part sa passion pour l'écriture, Coelho pratique le Kyudo - une discipline de tir guerrier japonais et l'apprentissage de la méditation.

 

 

Mes commentaires :

 

Veronika est une femme slovaque de 24 ans qui décide un jour de se suicider, apparemment parce que 1) les jours sont répétitifs, tout est pareil et, une fois que sa jeunesse partira, ce serait une descente totale, et 2) le monde entier a tord, les gens souffrent, et elle se sent impuissante à redresser la situation.

 

Après avoir pris une overdose de somnifères, Veronika se réveille dans un asile psychiatrique et le reste du livre est essentiellement une série d'interactions entre Veronika et plusieurs patients de l'asile, y compris un jeune schizophrène nommé Edouard, qui se tient debout en silence et se masturbe pendant que Veronika joue du piano. Veronika tombe inexplicablement amoureuse de lui, après avoir retrouvé sa joie de vivre. L'histoire d'amour tirée par les cheveux, quoi.

 

Je suppose que cela vous dit à peu près tout ce que vous devez savoir sur Veronika, et certainement Coelho n'ajoute pas grand-chose en termes de caractérisation. Certaines critiques ont souligné que créer des personnages réalistes ou une intrigue crédible n'était pas le but de ce livre et certainement pas l'intention de Coelho. Je suppose que l’on n’a vraiment pas le choix d’être d’accord avec ce que nous offre Coelho, car il est évident que ce n’est pas tant un livre qu'une méditation sur la folie avec des personnages incohérents. Ici, l'intrigue n'est qu'un moyen de transmettre les idéologies de l’auteur sur le sujet de la folie, qui incite ainsi le lecteur à réfléchir à des idées semblables que celles partagées par l'auteur.

 

En bref, l'intrigue a un potentiel énorme. La philosophie et la critique de la société occidentale par Coelho sont puissantes, compréhensives, réfléchies. J'aime la façon dont ce livre est une autofiction, inspirée des expériences de l'auteur lors de ses visites à l'hôpital psychiatrique à trois reprises. J'ai trouvé le sujet de la folie, de la dualité entre le vrai et le faux, le bon et le mauvais, et le communisme exprimé de manière sensée. Cependant, l'écriture est simple, un peu trop terne à mon goût. La construction structurelle des phrases était également médiocre. Peut-être que la magie des mots fut perdue par la traduction du portugais à l'anglais? Qui sait.

 

 

Quelques citations favorites :

 

« What does it mean to be crazy? She hadn't the slightest idea, because the word was used in a completely anarchic way. People would say, for example, that certain sportsmen were crazy because they wanted to break records, or that artists were crazy because they led such strange, insecure lives, different from the lives of normal people. Then there were the thinly clad people walking the streets of Ljubljana in winter, whom Veronika had often seen pushing supermarket trolleys full of plastic bags and rags and proclaiming the end of the world. »

 

« And what had she spent all her energies on until then? On trying to ensure that her life continued exactly as it always had. She had given up many of her desires so that her parents would continue to love her as they had when she was a child, even though she knew that real love changes and grows with time and discovers new ways of  expressing itself. »

 

« Look me in the eye, and never forget what I'm about to tell you. There are only two prohibitions, one according to man's law, the other according to God's. Never force a sexual relationship on anyone, because that is considered to be rape. And never have sexual relatons with children, because that is the worst of all sins. Apart form that, you're free. There's always someone who wants exactly what you want. »

 

« Each human being is unique, each with their own qualities, instincts, form of pleasure, and desire for adventure. However, society always imposes on us a collective way of behaving, and people never stop to wonder why they should behave like that. They just accept it, the way typists accepted the fact that the QUERTY keyboard was the best possible one. Have you ever met anyone in your entire life who asked why the hands of a clock should go in one particular direction and not in the other? »

 

« We all live in our own world. But if you look up at the starry sky, you'll see that all the different worlds up there combine to form constellations, solar systems, galaxies. »

 

 

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Au menu pour le mois de mai 2019 :

 

  • Livre en français : Juré, craché! , par Danièle Vallée

  • Livre en anglais : All the Light We Cannot See, par Anthony Doerr

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