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L'admirateur et la détective

18/07/2019

 

Résolution 2019 : lire un livre en français et un livre en anglais par mois.

 

Entre le travail de 9h à 17h, les rendez-vous, les engagements familiaux, les courses, les commissions, la cuisine, le ménage, et le prochain épisode sur Netflix qui nous hante, j'ai délaissé la lecture. Mon temps à l'université a également rendu la lecture une tâche, une obligation. Des lectures de manuels universitaires, des articles scientifiques, des thèses. Bref, l'étude où les pages à lire, à relire, à surligner, à apprendre par cœur s'empilaient sur mon bureau. 

 

Lire pour le plaisir a simplement pris le bord. Je le regrette. Je ne suis plus étudiante depuis plus de deux ans. Je désire commencer l'année 2019 en revenant à la souche de mon loisir favori : lire pour le simple plaisir de lire. Découvrir et voyager pour en apprendre sur les autres, et encore davantage sur moi-même. 

 

Consultez mes lectures de janvier 2019 : Le muet et le réfugié

Consultez mes lectures de février 2019 : L'aventurière et la chroniqueuse

Consultez mes lectures de mars 2019 : Le peintre et la manipulatrice

Consultez mes lectures d'avril 2019 : Le fils et la fille

Consultez mes lectures de mai 2019 : La séductrice, l'aveugle et l'orphelin

Consultez mes lectures de juin 2019 : L'Homo sapiens et le curieux

 

Au menu pour le mois de juillet 2019 :

 

  • Livre en français : Le goût du Goncourt, par Luc Mercure

  • Livre en anglais : The Woman in Cabin 10, par Ruth Ware

 

L'admirateur, c'est Luc Mercure qui se pointe chez son auteur favori en France, un homme qu'il idolâtre plus que quiconque au monde.

 

La détective, c'est la journaliste sur une croisière nordique exclusive qui témoigne d'une femme qui se fait pousser par dessous bord. Elle tentera de percer le mystère de l'identité de cette victime.

 

Allons-y, Alonzo! Bonne lecture.

 

 

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Le goût du Goncourt, de Luc Mercure

 

L'admirateur, c'est Luc Mercure, âgé de 19 ans, qui se pointe chez son auteur favori en France, un homme qu'il idolâtre plus que quiconque au monde, et dont leur rencontre ne se déroulera pas comme le jeune adulte espérait...

 

 

La couverture arrière du roman :

 

Je ne suis pas dupe : relater des événements qui se sont déroulés trente-quatre ans plus tôt constituera inévitablement une expérience de fiction. Mais comme je raconterai des choses que je sais déjà, ça ne risquera pas de me plonger dans les angoisses et les déchirements de mes deux livres précédents. J’entame donc la rédaction de ce récit. Je comprends rapidement ma méprise : ces quelques jours, que j’ai traversés avec la force et l’innocence de mes dix-neuf ans, ont non seulement imprégné profondément ma psyché : peut-être ont-ils constitué l’événement le plus important de ma vie. Pas le plus spectaculaire, mais sûrement l’un des plus déterminants.

 

Même quand il me prend l’envie de raconter des choses légères, je n’y arrive pas. C’est foutu.

 

À dix-neuf ans, Luc Mercure va à la rencontre d’Yves Navarre, son idole, lauréat du Goncourt. Rien ne se déroulera comme il l’avait imaginé.

 

 

Un mot sur l'auteur :

 

Luc Mercure a obtenu un baccalauréat et une maîtrise en littérature à l’Université de Montréal, puis a enseigné au Collège de Valleyfield de 1989 à 2002. Depuis, il consacre une part importante de sa vie à l’écriture de ses romans, notamment La mort de Blaise et La faute de Roy Dupuis (Leméac, 2008 et 2010), ainsi que Port de mer (Québec Amérique, 2014). Le goût du Goncourt est son neuvième titre.

 

 

Mes commentaires :

 

C'est troublant à quel point les écrits de certains auteurs peuvent résonner en nous, car aussi honteusement on s'y retrouve, aussi tristement que l'on se retrouve. Comme Luc Mercure et son affection pour Yves Navarre, moi-même j'ai admiré un auteur. Non seulement sommes-nous admirateurs de la plume et de l'oeuvre d'un écrivain, mais également de son parcours, de sa personne et de ses vulnérabilités (ou bref, les failles que l'écrivain partage avec son lectorat). L'idée de connaître ses cicatrices, le puits de source même qui le pousse à écrire, peut nous rendre préoccupés par l'auteur, quasi obsessionnel. 

 

La différence substantielle entre la situation de Luc et la mienne est que moi, je n'ai jamais rencontré mon auteur favori, mise à part une dédicace dans un livre où j'ai attendu plus de trois heures en ligne, pour le regarder signer mon livre à peine 10 secondes, figée par la nobilité de sa présence. 

 

 

Quelques citations favorites :

 

« Je ne suis pas un spécialiste de l'oeuvre d'Yves Navarre - ce sont les sentiments que ses romans m'inspirent qui m'importent, pas la connaissance factuelle de sa vie - mais presque : l'amour n'est-il pas le meilleur moyen de connaître l'autre? En fait, je découvre à quel point on peut aimer un livre, et à travers lui, son auteur. »

 

« Il est une arme, je suis un objet inerte; il s'abat sur moi, et parce que je suis trop sec. j'éclate. Non seulement j'allais me dissoudre en lui et renoncer à ce que j'étais, mais il allait me fendre, il m'avait fendu déjà, il m'avait décapité, il m'avait fait perdre la tête, la tête pensante. »

 

« Je ne peux plus nier l'évidence : je n'ai vraiment pour Yves Navarre qu'un passant. Peut-être pas un objet, non. Mais un passant. Un passant qui passe, et qui ne revient pas. Qui ne devrait pas revenir. Il m'a fallu bien du temps pour le comprendre, mais cette fois ça y est, c'est intégré. »

 

« Mais écrire n'est pas une thérapie. L'écriture ne guérit de rien. Sinon, Virginia Woolfe ne se serait pas suicidée. Ernest Hemingway ne se serait pas suicidé. Hubert Aquin ne se serait pas suicidé. Sylvia Plath ne se serait pas suicidée. Gérard de Nerval ne se serait pas suicidé. René Crevel ne se serait pas suicidé. Henry de Montherlant de se serait pas suicidé. Ceasare Pavese ne se serait pas suicidé. Richard Brautigan ne se serait pas suicidé. Stefan Zweig ne se serait pas suicidé. Yukio Mishima ne se serait pas suicidé. Nelly Arcan ne se serait pas suicidée. Klaus Mann ne se serait pas suicidé. Romain Gary, lauréat du Goncourt deux fois plutôt qu'une, ne se serait pas suicidé. Jean-Louis Bory, lauréat du Goncourt et homosexuel, ne se serait pas suicidé.

 

Yves Navarre ne se serait pas suicidé.

 

On me dira que s'ils n'avaient pas écrit, ils seraient peut-être passés à l'acte plus rapidement. Écrire leur aura surtout permis de souffrir plus longtemps.

 

Mais peut-être que pour un nombre impossible à préciser d'écrivains, donner une forme à leur douleur en couchant les mots sur du papier ou sur un écran leur aura permis de ne pas se suicider. »

 

 

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The Woman in Cabin 10, de Ruth Ware

 

La détective, c'est la journaliste sur une croisière nordique exclusive qui témoigne d'une femme qui se fait pousser par dessous bord. Elle tentera de percer le mystère de l'identité de cette victime. Pourtant, tous les passagers sont à bord...
 

 

Couverture arrière du roman :

 

Une semaine à bord d’un luxueux yacht qui sillonne les eaux du Grand Nord de l'Europe avec seulement une dizaine de passagers. Pour Laura Blacklock, journaliste d'un magazine de voyage, difficile de rêver à une meilleure occasion de s’éloigner au plus vite de la capitale anglaise.

 

Le départ tient toutes ses promesses : le ciel est clair, la mer est calme et les invités très sélects de l’Aurora rivalisent de jovialité. Le champagne coule à flots, les conversations ne manquent pas de piquant et la cabine est un véritable paradis sur l’eau.

 

Cependant, dès le premier soir, le vent tourne. Laura, réveillée en pleine nuit, voit la passagère de la cabine adjacente être passée par-dessus bord. Le problème? Aucun voyageur ni membre de l’équipage ne manque à l’appel. L’Aurora poursuit sa route comme si de rien n’était. Le drame? Laura sait qu’elle ne s’est pas trompée. Ce qui fait d’elle l’unique témoin d’un meurtre, dont l’auteur se trouve toujours à bord…

 

 

Un mot sur l'auteur :

 

Ruth Ware est née en 1977 à Sussex, et habite aujourd’hui à Londres. Dès son premier roman, In the Dark, Dark Wood… pendant que vous êtes encore en vie (Fleuve Éditions, 2016; Pocket, 2017), traduit dans plus de quarante langues et en cours d'adaptation cinématographique, elle s'impose parmi les reines du suspense psychologique, ce que confirme son deuxième livre, déjà numéro un sur la liste des meilleures ventes du New York Times.

 

 

Mes commentaires :

 

Est-ce juste moi ou quelqu'un d'autre a-t-il trouvé le personnage principal de ce livre totalement désagréable? Il me semble qu'elle est grossière avec presque tout le monde, y compris l'homme qui l'aime, qui est le seul personnage sympathique et aimable présent dans ce roman. J'ai juste de la difficulté à m'attacher à une intrigue lorsque le personnage principal est impoli et indifférent envers tout le monde sauf elle-même.

 

Bien, pas génial. L'intrigue est très bonne, mais je souhaite que le cambrioleur au début soit lié à l'intrigue elle-même. Le personnage principal était un peu trop fatigant et hystérique à mon goût, trop attaché à Carrie. J'aime la façon dont les antidépresseurs et l'alcool ont été inclus dans ce roman. Cela va dans le même sens que The Girl on the Train.

 

Habituellement, même avec toutes les similitudes de thrillers de nos jours, je peux trouver assez d’originalité dans l’histoire pour penser que l’auteur n’a pas essayé de suivre la même formule. Ce n'est pas exactement arrivé ici. C'était comme si l'auteur venait de remplacer quelques faits par des choses assez similaires. Il a transformé le train en paquebot de croisière de luxe. Changé quelques détails ici et là. Et boum! Voici un soi-disant nouveau livre.

 

Laura Blacklock (surnommé Lo) souffre d'une extrême anxiété au point d'avoir besoin de médicaments pour l'aider à contrôler ses sentiments. Quand un cambriolage se produit dans son appartement, sa peur et son anxiété grandissent. Lo souffre désormais d'insomnie. Elle s'est disputée avec son petit ami. Cependant, elle doit partir en croisière de luxe pour une semaine pour rédiger un article d'opinion, son patron étant en congé de maternité. Cela pourrait enfin être sa façon d'obtenir cette promotion. Si Lo peut simplement garder son anxiété et sa dépendance (à l'alcool et aux médicaments) suffisamment sous contrôle pour réseauter et nouer des contacts avec des personnalités importantes dans le monde du journalisme...

 

L'Aurora est un tout nouveau paquebot de croisière de grand luxe qui sillonnera les fjords norvégiens pour son voyage inaugural. Il est plutôt petit avec seulement 10 cabines, un maximum de 20 passagers et un personnel exclusif. Lo est logé dans la cabine 9. Le premier soir, Lo est réveillé par un cri de la cabine d'à avoisinante, suivi d'un claquement fort. Elle sort sur la véranda pour voir du sang sur le balcon voisin. Elle appelle la sécurité pour signaler ce qui s'est passé, mais il n'y a rien dans la cabine 10. L'invité qui était supposé être dans cette chambre ne s'est pas présenté lors de l'embarquement. Ce qui est étrange, car Lo jure avoir emprunté du mascara à une fille en cabine 10 avant le dîner la veille.

 

Il ne manque aucun passager ni membre du personnel. Rien à part le rapport témoigné par Lo. Est-ce que sa personnalité anxieuse, mélangée au manque de sommeil et à l'abondance d'alcool, lui joue des tours? Lo insiste sur le fait qu'un meurtre a été commis. Personne ne la croit. J'ai donc eu l'impression de voir Lo de la même manière que dans The Girl on the Train. Remplacez l'alcoolisme par une anxiété intense, ce qui donne aux autres des raisons de mettre en doute sa fiabilité en tant que témoin. C'est un autre protagoniste témoin d'assassiner et personne ne croit son histoire. En plus le moyen de transport : un bateau à la place d'un train. C'était beaucoup trop similaire à The Girl on the Train, et le roman contenait trop d'invocations invraisemblables à mon goût.

 

Cependant, l'intrigue n'est pas la même. Mais c'est là que réside ma plus grande frustration envers The Woman in Cabin 10. Était-ce réellement un twist? La première partie était bonne, mais quand il s'est agi de la fin, je crois qu'elle était incroyablement ratée, évidente, invraisemblable et bref, moche.


De plus, son ex-petit copain, un des autres journalistes à bord, ne fait qu'ajouter une dose de drame non justifié. Je me serrais les mâchoires lorsque ces deux personnages interagissaient. Lo paraissait encore plus faible et lâche. Je ne pouvais pas le supporter. C'est dommage puisque le scénario de l'histoire était génial : un meurtre possible sur un bateau de croisière au milieu de l'océan. C’était un mystère à la Agatha Christie, qui aurait pu l'écrire bien mieux, sans aucun doute. C'est quelque chose que je remarqué dans deux livres de Ruth Ware (The Woman in Cabin 10 et In the Dark, Dark Wood), et ses inspirations de l'auteur classique. J'espère que Ruth Ware puisse trouver sa propre voix, sa propre inspiration.

 

 

 

Quelques citations favorites :

 

« But I had heard something. Something that had made me start from my sleep with my heart pounding two hundred beats per minute, and my palms wet with sweat, and the conviction that somewhere very close by, another woman was in grave trouble. I knew what it was like to be that girl—to realize, in an instant, how incredibly fragile your hold on life could be, how paper-thin walls of security really were. »

 

« Cognitive behavioural therapy, counselling, psychotherapy—none of it really worked in the way that the pills did. Lissie says she finds the notion of chemically rebalancing your mood scary, she says it’s the idea of taking something that could alter how she really is. But I don’t see it that way; for me it’s like wearing makeup—not a disguise, but a way of making myself more how I really am, less raw. The best me I can be. »

 

« As I applied mascara borrowed from Chloe in the bathroom mirror, I found myself searching for the angry, idealistic girl who’d started her journalism course at uni fifteen years ago, thinking of the dreams I’d had of becoming an investigative reporter and changing the world. Instead, I had fallen into travel writing at Velocity […] And that was fine—I wasn’t ashamed of the writer I’d become; like most people, I’d taken work where I could find it and tried to do the best I could in that job. But how could I look at that girl in the mirror in the eye, if I didn’t have the courage to get out there and investigate a story that was staring me in the face? »

 

« I was getting off this boat for me—because I had done nothing to deserve this apart from being in the wrong place at the wrong time, and I was damned if Bullmer was going to add me to the list of women he had screwed over. »

 

 

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Au menu pour le mois d'août 2019 :

 

  • Livre en français : La bête à sa mère, par David Goudreault

  • Livre en anglais : The Reason You Walk, par Wab Kinew

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