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Le vainqueur et le perdant

22/08/2019

 

Résolution 2019 : lire un livre en français et un livre en anglais par mois.

 

Entre le travail de 9h à 17h, les rendez-vous, les engagements familiaux, les courses, les commissions, la cuisine, le ménage, et le prochain épisode sur Netflix qui nous hante, j'ai délaissé la lecture. Mon temps à l'université a également rendu la lecture une tâche, une obligation. Des lectures de manuels universitaires, des articles scientifiques, des thèses. Bref, l'étude où les pages à lire, à relire, à surligner, à apprendre par cœur s'empilaient sur mon bureau. 

 

Lire pour le plaisir a simplement pris le bord. Je le regrette. Je ne suis plus étudiante depuis plus de deux ans. Je désire commencer l'année 2019 en revenant à la souche de mon loisir favori : lire pour le simple plaisir de lire. Découvrir et voyager pour en apprendre sur les autres, et encore davantage sur moi-même. 

 

Consultez mes lectures de janvier 2019 : Le muet et le réfugié

Consultez mes lectures de février 2019 : L'aventurière et la chroniqueuse

Consultez mes lectures de mars 2019 : Le peintre et la manipulatrice

Consultez mes lectures d'avril 2019 : Le fils et la fille

Consultez mes lectures de mai 2019 : La séductrice, l'aveugle et l'orphelin

Consultez mes lectures de juin 2019 : L'Homo sapiens et le curieux

Consultez mes lectures de juillet 2019 : L'admirateur et la détective

 

Au menu pour le mois d'août 2019 :

 

  • Livre en français : La bête à sa mère, par David Goudreault

  • Livre en anglais : The Reason You Walk, par Wab Kinew

 

Le vainqueur, c'est celui qui mène sa nation Ojibwé vers la guérison de l'abus physique, mental, et émotionnel causé par les écoles résidentielles. Sa quête le mènera vers une réconciliation officielle par des excuses du Gouvernement du Canada, ainsi que par le Pape, dont il offrira une plume d'aigle à titre de pardon.

 

Le perdant, c'est le projet rejet par sa mère et les services à l'enfance. Il pille, il vole, il viole, il tue afin de subvenir à ses besoins pervers, et sa rage raciste et misogyne. Le perdant a très peu de civilité, vivant de son chèque mensuel du gouvernement pour se procurer de l'alcool et de la drogue à profusion.

 

Allons-y, Alonzo! Bonne lecture.

 

 

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La bête à sa mère, de David Goudreault

 

Le perdant, c'est le projet rejet de sa mère et des services à l'enfance. Il pille, il vole, il viole, il tue afin de subvenir à ses besoins pervers, à sa rage raciste et misogyne. Le perdant a peu de civilité, vivant de son chèque mensuel du gouvernement pour se procurer de l'alcool et de la drogue à profusion.

 

 

La couverture arrière du roman :

 

« Ma mère se suicidait souvent. Elle a commencé toute jeune, en amatrice. Très vite, maman a su obtenir la reconnaissance des psychiatres et les égards réservés aux grands malades. Pendant que je collectionnais des cartes de hockey, elle accumulait les diagnostics. » Le drame familial d'un homme seul. Et des chats qui croisent sa route.

 

 

Un mot sur l'auteur :

 

David Goudreault est romancier, poète, chroniqueur et travailleur social. Premier Québécois à remporter la Coupe du Monde de poésie, à Paris en 2011, il utilise la littérature en tant qu’outil d’expression et d’émancipation dans les écoles et les centres de détention de la province de Québec, notamment au Nunavik, et en France. En 2012, il fut récipiendaire de la médaille de l’Assemblée nationale du Québec pour ses réalisations artistiques et son implication sociale.

 

Au printemps 2015, il publie La bête à sa mère aux Éditions Stanké. Ce premier roman est un retentissant succès tant auprès des lecteurs que des critiques. En plus d’être finaliste au Prix Ringuet de l’Académie des lettres du Québec, il a remporté le Prix des Nouvelles Voix de la Littérature et le Grand Prix Littéraire Archambault. Il est traduit au Canada anglais aux Éditions Bookthug et publié en France aux Éditions Philippe Rey.

 

 

Mes commentaires :

 

Ayoye. « La bête » est le protagoniste antagoniste de ce récit. Ou est-il l’antagoniste protagoniste? Bref, il est non seulement un rebel, c'est un indivudu macabre. Un délinquant victime d’une famille dysfonctionnelle, de parents absents, et du système des services à l’enfance, la Bête est un personnage qui ne se conforme pas aux règles communes de la société : il vole, et vole même des cadavres, il répand sa maladie transmise sexuellement aux femmes, il conduit une automobile volée sans permis, saoul et givré, il ne paye jamais son loyer, s’alimente de drogues et d’alcools à profusion (qu’il vole en magasin ou achète avec de l’argent volé, bien entendu), il mutile les animaux, etc.

 

Il est bien évidemment raciste, sexiste, et particulièrement égocentrique. Et pourtant, le lecteur (allô moi) s’attache à lui, à son récit. Non parce que j’ai pitié de lui (en fait, je le hais), mais je suis curieuse de savoir jusqu'à où sa délinquance le mènera. Je lirai définitivement les deux autres romans de cette trilogie. 

 

 

Quelques citations favorites :

 

« Ce qui est pratique avec la bibliothèque municipale, en plus des livres à lire, de l'accès à Internet et des filles en jupe, c'est qu'elle était à deux pas d'un bazar. Un bazar qui rachetait des livres, à faibles prix, mais en quantité. Je bourrais mon sac à la bibli et déchargeais cinq bâtisses plus loin. Il n'y a pas que l'économie qui doit rouler, la littérature aussi. »

 

« C'est merveilleux de pouvoir errer et vaquer à ses occupations sans jamais sortir de sa voiture. C'est ça, le rêve américain. C'est ça que rêvait Kennedy avant de se faire exploser la tête. La liberté de manger n'importe quoi n'importe où. Je dévorais mes frites à même le sac, observant le va-et-vient du stationnement. Je laissais tourner le moteur. Il faut toujours être prêt à décamper. En plus, ça démontrait que je n'avais pas de soucis financiers. Ça peut suffire à impressionner une femme. »

 

« L'argent est la mère de tous les vices, c'est une sagesse millénaire. Les hypocrites qui affirment que ce n'est pas la chose la plus importante pour eux en ont juste assez pour faire semblant. Ce sont des résignés, des gagne-petit. Peu importe la devise, peu importe l'endroit sur la planète, on se vend, on se tue, on se prostitue et on accepte d'abandonner son corps, sa force et son temps pour de l'argent. »

 

« Il m'a mis la main sur l'épaule. Je lui ai enfoncé un couteau dans la gorge puis l'ai fait tourné dans la plaie. Dans ma tête. »

 

 

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The Reason You Walk, de Wab Kinew

 

Le vainqueur, c'est celui qui mène sa nation Ojibwé vers la guérison de l'abus physique, mental, et émotionnel causé par les écoles résidentielles. Sa quête le mènera vers une réconciliation officielle par des excuses du Gouvernement du Canada, ainsi que par le Pape, dont il offrira une plume d'aigle à titre de pardon.

 

 

Couverture arrière du roman :

 

Quand son père a reçu un diagnostic de cancer en phase terminale, le diffuseur et musicien de Winnipeg, Wab Kinew, a décidé de passer un an à renouer contact avec l’homme autochtone accompli mais distant qui l’avait élevé. The Reason You Walk couvre cette année 2012, en relatant des moments douloureux du passé et en célébrant de nouveaux espoirs et des rêves pour l'avenir. Alors que Kinew revit sa propre enfance à Winnipeg et dans une réserve du nord de l'Ontario, il en apprend plus sur l'enfance traumatique de son père dans un pensionnat.

 

The Reason You Walk est une référence intriguante, elle-même une référence à un chant cérémoniel anishinaabe. Né d'un père anishinaabe et d'une mère non autochtone, il a un pied dans les deux cultures. C'est un danseur, un universitaire, un ancien rappeur, un chef héréditaire et un activiste urbain. Son père, Tobasonakwut, était à la fois un chef traditionnel bien-aimé et un chef élu respecté qui s’est engagé directement avec Ottawa. Divisé intérieurement, son père embrassa à la fois la religion autochtone traditionnelle et le catholicisme, religion qui lui fut inculquée au pensionnat où il fut agressé physiquement et sexuellement.

 

Dans un grand geste de réconciliation, le père de Kinew a invité l'évêque catholique de Winnipeg à une cérémonie à Sundance au cours de laquelle il l'a adopté comme son frère.

 

Kinew écrit de manière touchante ses propres luttes dans la vingtaine pour trouver la bonne voie, abandonnant finalement un style de vie autodestructeur pour poursuivre passionnément la musique et les arts martiaux. De son point de vue unique, il offre une vue de l'intérieur de ce que signifie être un Autochtone instruit vivant dans un pays qui commence à peine à prendre conscience de son histoire et de sa présence vivante.

 

Invoquant l’espoir, la guérison et le pardon, The Reason You Walk raconte l’histoire poignante d’un père et de son fils imposants mais blessés alors qu’ils se lancent dans un voyage pour rétablir les liens de leur famille. Tour à tour léger et solennel, Kinew nous donne une vision inspirante de la famille et de la réconciliation interculturelle, ainsi que d’une discussion plus large sur l’avenir des peuples autochtones.

 

 

Un mot sur l'auteur :

 

Wap Kinew a été nommé par Postmedia News parmi les «neuf personnalités autochtones que vous devriez connaître». Il est vice-président associé des Relations avec les Autochtones à l'Université de Winnipeg et correspondant à Al-jazeera America.

 

Après avoir défendu avec succès The Orenda de Joseph Boyden au concours littéraire Canada Reads de CBC, il a été nommé l'animateur 2015. En 2012, il a également animé la célèbre série documentaire 8th Fire de la chaîne de télévision CBC. Ses projets de musique et de journalisme hip-hop ont remporté de nombreux prix. Il est membre du Midewin. Wab est également un témoin honoraire de la Commission de vérité et réconciliation du Canada.

 

Il habite à Winnipeg avec son épouse Lisa et ses deux fils.

 

 

Mes commentaires :

 

Hommage d’un fils à son père, The Reason You Walk raconte la vie de Tobasonakwut, chef Anishinaabe de la nation Ojibwé, au Manitoba. Survivant des pensionnats autochtones, grand chef et défenseur des droits civiques dans les années 1960-1970, il a mené, malgré le cancer qui le rongeait, un grand projet de réconciliation qui demeure l’un des plus importants accomplissements de sa vie. Ce récit témoigne du combat et des chemins de résistance des Premières Nations du Canada. 

 

Ce n'est pas un livre qu'on décide de lire pour sa prose exceptionnelle, ou pour sa qualité d'écriture littéraire. Par moment, certains passages peuvent sembler longs à lire. Cependant, nous choisissons de lire ce mémoire parce que Wab Kinew nous raconte l'histoire de son père et celle de ses ancêtres qui ont survécu tant bien que mal aux écoles résidentielles. Le génocide culturel autochtone au Canada est vrai, et je trouve qu'on n'en parle pas assez. Même que certaines commissions scolaires omettent d'en parler aux élèves. Wad Kinew nous ÉDUQUE avec The Reason You Walk. Il ne nous accuse de rien, mais il nous éduque. C'est l'essentiel. 

 

Les enfants dans les écoles résidentielles ont été arrachés de leurs parents, arrachés de leur langue maternelle, arrachés de leur héritage culturel. Traités en sauvages, ils ont souffert de violence et de malnutrition, d'abus, de viol, d'isolation. De cette maltraitance naissent de la rancœur et de la colère qui sont transmises à leurs enfants. Un résultat dévastateur qui ricoche désormais aux générations d'aujourd'hui. Wab Kinew nous offrir l'histoire de ce mal, de cette vulnérabilité qui a détruit son peuple. Il nous offre un chemin vers la réconciliation, et ce qu'elle veut dire pour lui. 

 

Un livre que je recommande à tous les Canadiens en manque de compréhension, et qui aimerait ouvrir davantage leur cœur au génocide culturel généré dans ce beau pays que nous aimons tant.

 

 

Quelques citations favorites :

 

« So it went. The years that followed were filled laughter and love, arguing and pain. Life was good, but life was hard. It is the Anishinaabe way. »

 

« I would walk a mile in their moccasins. »

 

« But on that day in 1947, the young Tobasonakwut had no one to explain himself to, and no choice but to suffer this injustice in silence. He would take the tears he wanted to shed for his dead father and bury them deep inside, somewhere out of reach of the priests and nuns. He would take the anger at the unfairness of being beaten while the earth on this father’s grave was still fresh and use it to push his emotions down even further. There was stress and grief, and the realization that his one true protector was gone. Now there would be no one to save him from this place. All of his was buried. Perhaps his heart hardened. Maybe his spirit petrified. That is what little children did in order to survive residential school. »

 

« I could tell you many things about the sundance. That it is a ceremony of thanksgiving, and that after fasting for four days we pierce our flesh. I could explain that we do this because we believe the only meaningful thing we can offer to the Creator of all that exists is a little piece of ourselves. I could tell you those things, but nobody really tells it like that to us when we were growing up. Instead, we watch. We learn. We participate. »

 

« The memo said that those who went to residential schools liked to call themselves survivors, but that this term was technically incorrect, and it offered a dictionary definition of the term as supposed proof. Survivors, the definition went, were persons, plants, or animals that outlasted disasters that killed others of their kind. In our coverage, we were to avoid saying survivors and use the government’s chosen term: former students. »

 

 

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Au menu pour le mois de septembre 2019 :

 

  • Livre en français : Il pleuvait des oiseaux, par Jocelyne Saucier

  • Livre en anglais : The Rosie Project, Graeme Simsion

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